MONTRÉAL - La vague des enveloppes suspectes se poursuit. Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, en a reçu une, jeudi, à sa résidence du Plateau Mont-Royal, à Montréal.
«L'enveloppe contenait une substance blanche non identifiée», selon le sergent Laurent Gingras, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM)
Ce sont Yalda et Daria, deux des trois filles du député, qui en ont fait la découverte vers 12 h 30. Elles ont alors appelé leur père qui leur a dit de contacter immédiatement les services d'urgence.
«Les filles n'étaient pas paniquées et elles n'avaient pas de symptômes. Elles ne savaient plutôt pas comment gérer la situation», a indiqué l'attachée politique d'Amir Khadir, Nika Deslauriers.
Les policiers de Montréal ont travaillé de concert avec les pompiers experts en matières dangereuses afin de procéder au protocole d'identification et de décontamination du colis.
Ils ont demandé aux filles Machouf-Khadir de placer l'enveloppe dans un sac de plastique et de le mettre ensuite dans un contenant hermétique.
«La première analyse a démontré que le produit à l'intérieur de l'enveloppe était inoffensif. Des analyses plus poussées permettront de confirmer le tout», a dit Benoît Brouillard, chef aux opérations du Service de sécurité incendie de Montréal.
Yalda et Daria ont été confinées à l'intérieur de leur résidence par mesure préventive pendant plusieurs heures lors des procédures.
Un important périmètre de sécurité a été érigé autour de la résidence.
La rue Saint-Hubert, entre l'avenue du Mont-Royal et la rue Marie-Anne, est demeurée fermée à la circulation pendant plusieurs heures, jeudi.
Vague de colis suspects
Cet envoi survient une semaine après qu'une vague de colis suspects eut frappé les quatre coins de la province. Des enveloppes suspectes – contenant très souvent du bicarbonate de soude - ont été envoyées à plusieurs députés, notamment au bureau de comté du premier ministre Jean Charest, à Sherbrooke.
Mercredi, le bureau du député libéral Georges Mamelonet, situé à Percé, en Gaspésie, a aussi été ciblé par une lettre contenant de la poudre blanche.
«M. Khadir est habitué de gérer ce genre de pression et d'intimidation. Par contre, il dénonce le système de peur dans lequel nous vivons présentement», a mentionné l'attachée politique du député, Nika Deslauriers.
Le cochef de Québec Solidaire a toutefois dit qu'il trouvait dommage que sa famille ait été impliquée dans cette vague de colis suspects.
Semaines mouvementées
La famille Khadir venait à peine de se remettre de l'émoi causé par l'arrestation de Yalda lorsque l'enveloppe a été envoyée à leur résidence, jeudi.
La jeune femme de 19 ans avait été arrêtée au domicile familial en compagnie de son petit ami, Xavier Philippe-Beauchamp, la semaine dernière. Elle a finalement été libérée sous condition, mardi.
Yalda fait face à 11 chefs d'accusation dans le cadre des manifestations en marge du conflit étudiant, entre autres, pour avoir saccagé les bureaux de l'ex-ministre Line Beauchamp et de l'Université de Montréal en avril dernier.
Les dernières semaines ont été d'autant plus mouvementées puisque son père, le député de Mercier, a été arrêté en marge d'une manifestation étudiante, à Québec, le 5 juin dernier.
De plus, lors de l'arrestation de Yalda, un des objets saisis par les policiers, soit une affiche sur laquelle on peut apercevoir Jean Charest mort sous les pieds d'Amir Khadir, a créé toute une controverse cette semaine lorsque l'affaire a été rendue publique. L'affiche, conçue par le groupe musical engagé Mise en demeure, est une reproduction du tableau célèbre du peintre français Eugène Delacroix La Liberté guidant le peuple. Le visage d'un des personnages du tableau a été remplacé par celui d'Amir Khadir, et un autre, par celui de Jean Charest. La publication de cette découverte dans la résidence des Khadir a créé de tels remous que le groupe Mise en demeure, au programme du Party clandestin – une fête organisée en marge des célébrations officielles de la Fête nationale - le 23 juin sur les plaines d'Abraham, a dû annuler sa prestation, jeudi matin.
Le maire Régis Labeaume a même menacé l'organisateur de l'événement, l'organisme Envol et Macadam, de lui retirer ses subventions si le groupe Mise en demeure était de la partie.