MONTRÉAL - La poche de hockey contenant des répliques d'armes saisie dimanche par le SPVM, dont parlait le chef Marc Parent lors du bilan des arrestations du week-end, appartenait à un étudiant en théâtre, a-t-il été dévoilé mardi.
L'étudiant en question, qui était parti de la station de Longueuil, avait été arrêté à son arrivée à la station Berri-UQAM. Les policiers avaient saisi son sac, qui contenait les répliques d'un lance-grenades et d'autres armes, le temps qu'un des parents de cet étudiant d'âge mineur vienne le récupérer.
«Il s'agissait peut-être d'un étudiant en théâtre, mais nous ne pouvions pas prendre de chances», a expliqué mardi l'agent Ian Lafrenière, du Service de police de la Ville de Montréal, soulignant que le Grand Prix avait fait l'objet de «menaces réelles» de la part de manifestants étudiants et que les fouilles, expulsions du métro et arrestations préventives étaient nécessaires.
En ce qui concerne l'imitation d'AK 47, dont parlait aussi le chef Marc Parent dans son bilan, elle a été retrouvée par la police de Laval dans le sac d'un jeune homme qui se dirigeait vers l'avenue Mont-Royal pour aller travailler. Il s'agissait finalement d'une arme à air comprimé.
Or, ces informations étaient connues des policiers lors de la conférence de presse du bilan de ces arrestations, lundi. Le SPVM a tout de même montré les armes aux médias présents.
Les représentants étudiants ont accusé mardi la police de Montréal d'avoir utilisé de mauvais exemples, voire d'avoir fait «de la désinformation» pour justifier les arrestations et fouilles préventives de ce week-end.
«Il y a des personnes qui ont été détenues pendant plusieurs heures, sans chef d'accusation, à des fins d'enquête, nous disait-on. Par contre, quand on voit finalement que tout ça était de la frime, on voit que l'intervention policière n'était pas justifiée et qu'il n'y avait pas de menaces réelles», a expliqué la nouvelle porte-parole de la CLASSE, Camille Robert, mardi.
La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a pour sa part parlé de «désinformation».
«Qu'on utilise cet exemple-là pour justifier les arrestations préventives, pour nous, c'est de la désinformation. Et on n'arrête pas de se dire mutuellement, de parts et d'autres dans le conflit, d'arrêter de faire ce type d'analyses ou de justifications erronées», a-t-elle dénoncé.