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Cinq personnes ont été arrêtées

Dernière mise à jour: 15-05-2012 | 18h19

SAINTE-THÉRÈSE – La police a eu recours à la force et aux gaz lacrymogènes contre des manifestants, mardi matin, au Collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse. Cinq d'entre eux, dont un professeur du Cégep Maisonneuve, ont été arrêtés.

Ces protestataires faisaient partie d'une foule bloquant l'accès à l'institution scolaire, alors que 53 étudiants tentaient à nouveau de revenir en classe. Les agents sont intervenus de la sorte afin de faire respecter une injonction devant permettre aux étudiants d'assister à leurs cours.

Vers 9 h 30, les policiers de la Sûreté du Québec ont lentement avancé vers la chaîne humaine formée par des étudiants, des Profs contre la hausse et des Mères en colère et solidaires, en leur demandant de reculer. Ils avaient d'abord averti la foule d'une centaine de personnes à trois reprises de leur intervention imminente.

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Une bousculade serrée s'est alors engagée entre les gens de la chaîne et les policiers, qui tentaient de progresser à travers la foule, sans coup ni violence. Leur objectif semblait être l'ouverture d'une brèche.

Les manifestants ne reculant pas, les policiers ont lancé des gaz lacrymogènes et chargé la foule. Celle-ci s'est rapidement dispersée, dégageant les portes de l'établissement. La police anti-émeute a ensuite entrepris de libérer complètement le terrain du Collège.

Repoussés hors des limites du terrain de l'établissement, certains manifestants et professeurs se sont regroupés sur la voie publique et se sont assis par terre.

Attendant tranquillement dans un centre communautaire, des étudiants ont finalement pu rentrer dans le cégep vers 11 h. Toutefois, aucun cours n'a été dispensé.

Cégep Lionel-Groulx fermé jusqu'à vendredi

En après-midi, la direction a annoncé que le cégep allait être complètement fermé jusqu'à vendredi. La situation sera réévaluée pour cette journée-là, puisqu'une deuxième injonction demandée par près de 300 étudiants entrera d'ailleurs en vigueur vendredi.

«Nous ne voulons voir personne sur le terrain du collège au cours des deux prochains jours, a prévenu Martin Charron, porte-parole de la police. Aucune ligne de piquetage ne sera acceptée, car le collège sera fermé. Nous guetterons les lieux puisque c'est notre mandat de sécurité publique.»

La direction a déploré que le gouvernement Charest laisse les directeurs généraux des cégeps se débrouiller avec le problème étudiant et les injonctions. Elle a rappelé que les jeunes devront plus tard travailler en équipe et que la situation actuelle ne crée pas un contexte favorable à l'éducation.

«J'espère que la ministre va comprendre que ça n'a aucun sens de faire ça, a lancé la directrice générale du Collège, Monique Laurin. On met tout le monde à l'envers, il y a des enseignants qui pleurent sur la ligne. Les verts, les rouges, je les ai tous à coeur. Ce sont mes étudiants. […] C'est épouvantable de faire ça. Ç'a créé un climat épouvantable au collège.»

«C'était très troublant de voir l'escouade anti-émeute ce matin, a confirmé François Vervaet, le président du syndicat des professeurs. Des professeurs ont fait des chocs nerveux. Nous allons discuter avec la direction, mais je ne crois pas que nous soyons en mesure d'enseigner. Nous avons la tête ailleurs avec tous ces événements. […] Nous ne voulons pas défier les injonctions.»

Manifestation dès 7h

Les manifestants, dont certains étaient masqués, étaient arrivés aux alentours de 7 h. Munis de grillages métalliques, ils avaient barricadé l'entrée principale du collège.

Peu après 8 h, les enseignants et les parents s'étaient joints aux étudiants arborant le carré rouge massés devant les portes. Cet attroupement avait été déclaré illégal par les forces de l'ordre.

La régie intercommunale de police de Thérèse-De Blainville a ensuite avisé par trois fois les manifestants qu'ils n'hésiteraient pas à employer la force nécessaire pour les déloger.

En plus des effectifs au sol, un hélicoptère de la Sûreté du Québec a été déployé sur les lieux. De nombreux agents de sécurité étaient également présents.

«La direction de l'établissement tente de faire entrer les étudiants sous le coup de l'injonction du 11 mai, pour que le collège ne soit pas en outrage au tribunal», avait expliqué le porte-parole du cégep, Yves Marcotte.



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