MONTRÉAL - Les leaders de la CLASSE et de la FECQ ont dénoncé vendredi la multiplication d'injonctions déposées, au moment où plusieurs étudiants ont obtenu gain de cause au Palais de Justice de Montréal.
Des étudiants de huit cégeps ont réclamé des injonctions afin de retourner en classe vendredi. Le juge a accordé trois injonctions, dont une pour le cégep d'Ahuntsic et le collège Édouard-Montpetit.
Une étudiante qui a obtenu son injonction s'est dite brimée par cette grève. « On avait vraiment peur de ne pas pouvoir rentrer à l'université à cause de cette grève-là. On a été embarqué dans le mouvement bien malgré nous. »
De plus, le juge François Rolland a ajouté une clause stipulant que d'autres étudiants peuvent se joindre à ces injonctions sans à avoir recours aux tribunaux. Les étudiants pourront ainsi éviter des frais d'avocats.
Cependant, le juge Rolland a rappelé aux étudiants que les tribunaux ne peuvent pas régler le conflit.
Les leaders de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ont dénoncé une fois de plus la multiplication des demandes d'injonction.
Les leaders, présents lors de ces décisions, affirment que ces injonctions n'aident en rien au conflit et que cette clause ne fera qu'exacerber la situation délicate.
« On pense qu'il y a quelque chose de malsain dans ces processus-là. On veut réitérer aujourd'hui qu'on ne pense pas qu'il s'agit de la bonne manière de faire progresser ce conflit. Ça perturbe carrément la façon dont le système de justice fonctionne et ça nous préoccupe », a estimé Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ.
Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE, ne croit pas que ces injonctions permettront aux étudiants de retourner en classe. D'ailleurs, rappelle-t-il, de nombreuses injonctions accordées au cours des dernières semaines n'ont pas été respectées.
« Les injonctions n'ont pas contribué à régler le conflit. Elles ont aidé à envenimer le conflit. Peu importe ce que les juges décident, sur les campus, ce qu'on va voir, ce ne sera pas plus de gens sur les bancs d'école, ce sont des gens sur les lignes de piquetage, des gens qui se confrontent », a affirmé Gabriel Nadeau-Dubois.
Alain Paquet, ministre délégué aux finances estime que la justice doit suivre son cours et que le droit à l'éducation est aussi important que le droit de manifester. « L'important est que les gens qui veulent retourner en cours puissent le faire », a-t-il dit. M. Paquet est cependant resté muet sur la façon pour faire respecter les injonctions.
La CAQ réitère que l'utilisation des forces policières devrait être envisagée pour faire respecter ces injonctions.
« On est dans une société de droit. Le jour où on ne respecte pas les injonctions, on ne respecte plus rien, c'est l'anarchie. Je ne veux pas vivre dans un Québec anarchique », a déclaré Gérard Deltell, député de la CAQ de Chauveau.
Bernard Drainville, député péquiste de Marie-Victorin, a été estomaqué par cette déclaration. « Proposes-tu d'imposer la loi des mesures de guerre sur les campus du Québec? Penses-tu vraiment que c'est ce qui va régler le problème? »