Le suspect accusé d'homicide involontaire

Bambin tué à Lévis - Le suspect accusé d'homicide involontaire

Des fleurs et un toutou au 15 rue Foisy à Lévis où un bambin est mort par balle.© Agence QMI


Kathleen Frenette et Cynthia St-Hilaire

Dernière mise à jour: 04-05-2012 | 23h03

LÉVIS – Un homme de Lévis, Nicolas Lacroix, 36 ans, a été formellement accusé d'homicide involontaire et de négligence criminelle ayant causé la mort du jeune Nathan au palais de justice de Québec, vendredi après-midi. Le bambin de deux ans et demi a été tué par balle jeudi soir à Lévis.

Lors de sa comparution, Lacroix est resté stoïque. Il a gardé les yeux au sol et ne les a levés que pour jeter un regard à son père qui assistait à l'audience.

L'accusé avait été arrêté jeudi soir à l'extérieur du logement sur la rue Foisy, où réside la mère de la victime. Il devrait revenir en cour mardi prochain.

Lacroix était apparemment une lointaine connaissance de la mère de la victime.

Selon un témoin, il est arrivé jeudi à 17 h 30, soit un peu moins d'une heure avant que le coup de feu n'atteigne le petit Nathan en pleine la tête.

«Il a stationné sa voiture chez moi, comme les amis de Mélanie le faisaient parfois, a raconté un voisin qui n'a pas voulu être identifié. J'ai vu qu'il avait dans les mains un sac en cuir noir, mais je croyais que l'étui contenait un genre de raquette. Je suis entré dans la maison et, par la suite, j'ai entendu crier.»

Peu de temps avant le drame, la mère de l'enfant avait publié un appel à l'aide sur sa page Facebook, se disant victime de harcèlement. «J'ai peur pour ma sécurité et celle de mon fils. Le processus avec les policiers est trop long à mon goût et mon harceleur est rendu fâché. Maintenant, il m'appelle pour me faire peur et m'insulter», écrivait-elle notamment.

À la suite de ce message, Nicolas Lacroix avait répondu : «est-ce qu'il y a quelqu'un qui peut me donner le numéro de téléphone (du harceleur)? La farce a assez duré.» Il se serait donc ensuite rendu au domicile de la mère de l'enfant pour lui prêter une arme afin qu'elle puisse se protéger.

Selon ce que le «Journal de Québec» a appris, l'accusé voulait remettre une arme de calibre .12 à la mère de famille. Mais pour une raison inconnue, le coup serait parti alors que le fusil se trouvait toujours dans son étui, ce qui laisse présager qu'il était chargé et que le cran de sécurité n'était pas engagé. En raison de l'enquête en cours, la Sûreté du Québec a refusé de confirmer ces informations.

Panique

«Lorsqu'il est sorti de la maison, l'homme se tenait la tête à deux mains et il n'arrêtait pas de répéter que c'était sa faute et qu'il voulait se tuer. Pendant ce temps, la mère de Nathan était prostrée, par terre, et elle criait à fendre l'âme», a rapporté, Line Aubin, qui avait peine à croire qu'un drame aussi horrible se soit produit devant chez elle et qu'il touche des gens qu'elle connaît bien.

«Le jeune homme était en crise dehors. Je lui ai demandé si je pouvais entrer pour voir si je pouvais faire quelque chose et il m'a dit que le bébé n'avait plus de signes vitaux», a dit Nancy Bergeron, une autre voisine.

«Le voisin d'en face a aussi ouvert la porte de la maison pour voir le bébé, mais il l'a refermée immédiatement et lorsqu'il nous a regardés, il était blanc comme un drap», a aussi ajouté madame Aubin en précisant que, désormais, le visage de la rue Foisy allait être à jamais marqué d'une cicatrice.

Problème derrière la crosse

QUÉBEC – Le problème, ce n'est jamais l'arme. C'est celui qui l'utilise, selon Gilbert Sirois, armurier depuis 40 ans.

«Le problème est derrière la crosse. En fait, il est derrière les deux oreilles, a commenté celui qui travaille à la boutique chasse et pêche les Amants de la nature à Québec. Celui qui est à blâmer, c'est celui qui a serré le fusil avec des munitions. Et peu importe le système de protection sur l'arme, si la personne la range avec des balles dedans, n'importe quoi peut arriver.»

Le cran de sûreté ne fait pas de miracle, a-t-il insisté. «Il suffit que le fusil soit accoté un peu trop fort sur le mur et la balle part même s'il y a un système de protection.»

3e cas depuis 1965

La majorité des gens respectent les règles de sécurité liées à l'entreposage d'armes à feu, selon Gilbert Sirois. «L'histoire du bambin à Lévis, c'est le 3e cas de négligence que je vois depuis 1965, a-t-il relevé. Le premier cas, c'était mon oncle. Il avait serré son arme, un calibre .22, chargée. Quand il l'a décrochée du mur, il l'a pointée vers ma tante pour blaguer. Ma tante lui a dit qu'elle n'aimait pas ça. Une chance. Il a tourné l'arme vers le plancher et la balle est partie.»

L'autre cas est survenu lorsqu'il était réparateur d'armes. «J'ai reçu un .12 défectueux par la poste. Il y avait une cartouche dedans, s'est-il souvenu. Un triste accident aurait pu arriver pendant le transport. Le premier réflexe qu'on a à la boutique c'est d'ouvrir le système de mécanique pour s'assurer qu'il n'y a pas de cartouches. C'est comme quelqu'un qui achète un char. Avant de rouler à 120 km/h, il faut s'assurer que les freins fonctionnent.»

Cas récent

Un résidant du quartier de Loretteville à Québec a récemment appris à ses dépens l'importance de vérifier que le canon de l'arme est libre de toute munition. Et ce, même si l'arme vient d'être achetée.

Arrivé du magasin avec son arme, le résidant a voulu l'essayer. Il l'a braquée vers la porte-fenêtre. La balle est partie sans même qu'il ait appuyé sur la détente.

L'homme a eu une bonne frousse. Lui qui croyait que son calibre .22 n'était pas chargé.


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