MONTRÉAL – Un ancien vice-président aux affaires juridiques d'Imperial Tobacco, Roger Ackman, a poursuivi son témoignage, mardi, au palais de justice de Montréal dans les cadres des recours collectifs contre trois fabricants de cigarettes canadiens.
M. Ackman a été notamment interrogé sur le contenu de documents qui avaient été détruits à Montréal dans les années 1990. Il s'agissait d'études réalisées à la fin des années 70 et au début des années 80 qui, selon la poursuite, établissaient un lien clair entre la consommation de tabac et certains problèmes de santé. Or, des copies de ces documents ont été retrouvées il y a quelques années chez British American Tobacco, à Londres.
Bombardé de questions par les avocats du recours collectif, Roger Ackman a toutefois livré peu d'informations pertinentes. Il a affirmé qu'il n'avait jamais consulté ses documents et qu'il ne se souvient pas s'ils avaient été transmis au gouvernement.
Quand on lui a demandé si, selon lui, les conclusions des études auraient dû être rendues publiques, l'ancien vice-président a répondu qu'il n'avait pas d'opinion à ce sujet.
Les recours collectifs, déposés il y a 14 ans, sont attendus depuis le 12 mars dernier. Les requérants réclament 27 milliards $ en dommages et intérêts aux compagnies canadiennes Imperial Tobacco Canada ltée, Rothmans et Benson & Hedges ainsi que JTI-Macdonald.
Le premier recours collectif, mené par le Conseil québécois sur le tabac et la santé, demande aux compagnies de rembourser 105 000 $ aux 90 000 fumeurs québécois qui auraient développé, depuis 1998, un cancer du poumon, du larynx et de la gorge, ainsi que des problèmes d'emphysème.
Le second recours collectif, porté par Cécilia Létourneau, vise à ce qu'environ 1,8 million de fumeurs du Québec reçoivent 10 000 $ chacun pour la dépendance à la nicotine qu'ils ont développée au fil des ans.
Les parties comptent faire entendre des scientifiques, des historiens et des spécialistes en marketing, mais, selon la défense, aucun membre du recours collectif ne sera entendu.
Le procès pourrait s'échelonner sur une période de deux ans.