Sami Bouabdellah
Agence QMI

Les étudiants lancent un message clair


Sami Bouabdellah

Dernière mise à jour: 22-03-2012 | 16h37

MONTRÉAL – Une véritable marée rouge a envahi les rues du centre-ville de Montréal, jeudi après-midi, pour dénoncer la hausse des droits de scolarité décrétée par le gouvernement libéral.

«Le Québec traverse actuellement une crise politique majeure. Avec 300 000 étudiants en grève, le gouvernement ne peut plus nous considérer comme une deuxième classe de citoyens», a souligné Leo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

Le coup d'envoi de la marche s'est donné à 13 h 40 à l'angle de la rue Peel et du boulevard René-Lévesque où des dizaines de milliers de grévistes en provenance des quatre coins de la province, 200 000 selon les organisateurs, s'étaient donné rendez-vous.

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Les manifestants, surtout des étudiants, mais aussi des enseignants et des travailleurs de tous âges ont d'abord monté la rue Peel, puis se sont dirigés sur la rue Sherbrooke.

Plusieurs personnalités publiques, dont la chef du Parti québécois, Pauline Marois, et le député indépendant Pierre Curzi, se sont jointes à la foule.

La marche s'est déroulée pacifiquement malgré la présence de quelques manifestants cagoulés du Black bloc. Les policiers avaient à l'œil ce petit groupe de perturbateurs.

La plupart des manifestants ont emprunté la rue Saint-Denis, avant de redescendre vers le sud par la rue Berri. Plusieurs groupes se sont toutefois détachés pour emprunter d'autres artères, passant notamment par la rue Sainte-Catherine Est ou par le boulevard René-Lévesque.

Les premiers grévistes sont arrivés à la place Jacques-Cartier, le point d'arrivée, vers 15 h 30.

Une colère grandissante

Lors d'un discours, le porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois, promet que le mouvement étudiant ne s'essoufflera pas.

«La colère étudiante est grandissante. Durant les prochaines semaines, nous serons plus nombreux que jamais dans les rues», a-t-il averti.

Selon lui, le budget présenté cette semaine n'a fait que «jeter de l'huile sur le feu».

«Après un budget plus qu'insatisfaisant, des centaines de milliers de personnes marchant présentement dans les rues viennent d'écrire une page dans l'histoire du Québec. Jamais une mobilisation étudiante et citoyenne n'a pris autant d'ampleur. Comment les libéraux osent-ils encore ignorer nos demandes?» a pour sa part affirmé Jeanne Reynolds, co-porte-parole de la CLASSE.

Bilan positif

En fin d'après-midi, le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, traçait un bilan positif de la manifestation et ne rapportait aucun méfait. «Les organisateurs ont pris leurs responsabilités et ont partagé leur itinéraire», s'est-il réjoui.

«C'est une des plus grosses manifestations qu'on a vécues à Montréal ces dernières années et ça s'est très bien déroulé», a-t-il ajouté.

De son côté, la Fédération étudiante Universitaire du Québec (FEUQ), qui participait jeudi à la manifestation, tiendra vendredi avant-midi une conférence de presse afin de revenir sur l'événement.

Perturbations au port de Montréal

Cette journée nationale de manifestation étudiante avait débuté en matinée jeudi par une première «perturbation économique» aux abords du port de Montréal.

Vers 9 h 30, un groupe d'étudiants ont bloqué l'entrée névralgique du port, dans le secteur de la rue Boucherville et de la rue Notre-Dame, dans l'est de Montréal.

Le blocage des étudiants a été de courte durée puisqu'à peine une heure plus tard, vers 10 h 30, les agents du SPVM étaient parvenus à libérer l'entrée du port. Les étudiants ont tenté de bloquer une seconde fois l'entrée du port, en vain.

Cette «perturbation économique» avait été annoncée mercredi par les représentants de la CLASSE, qui n'avaient toutefois pas précisé que leur coup d'éclat toucherait le port de Montréal.



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