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Mort de Jean-François Nadreau: son frère s'interroge

Interventions policières auprès de citoyens en crise - Mort de Jean-François Nadreau: son frère s'interroge

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MONTRÉAL – Cinq jours après la mort de Jean-François Nadreau, Sébastien Nadreau affirme ne pas en vouloir au policier qui a abattu son frère, mais se questionne à savoir pourquoi ce sont les agents du SPVM qui interviennent auprès des citoyens en état de crise.

« Je suis triste pour le policier qui a tiré, a affirmé Sébastien Nadreau. Il a enlevé la vie d'un homme, d'un frère, d'un fils, d'un père. Les policiers sont des êtres humains et personne n'entre dans la police pour enlever la vie. Quand ça arrive, les policiers se retrouvent aussi en état de choc. Ça laisse des marques vraiment profondes. L'agent est peut-être marqué pour la vie et lui aussi a une famille. »

Jean-François Nadreau, 30 ans, était papa d'une fillette de huit ans. Il a été abattu par un agent, jeudi dernier, alors qu'il aurait menacé un policier avec une machette, dans un appartement de la rue Nicolet, dans l'arrondissement Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.

M. Nadreau rapporte que son frère n'était pas violent, mais troublé. « Mon frère était un bon bonhomme. Il aimait aider les gens, et il n'a jamais été violent avec personne. [...] Il a été arrêté en décembre pour la première fois [en lien avec la possession d'une arme prohibée] et il vivait de l'angoisse. De voir arriver les policiers chez lui, jeudi, ça a fait monter la tension encore plus dans une situation où il faillait la baisser. »

Quatre morts à Montréal

Quatre hommes sont tombés sous les balles de la police depuis juin 2011 dans la métropole. Sébastien Nadreau ne jette pas le blâme sur les agents du SPVM, mais aimerait que les méthodes d'intervention soient revues quand il s'agit de citoyens en détresse.

« Ce n'est pas nécessairement la faute des policiers. On le voit depuis un an, c'est un cas qui prend beaucoup d'ampleur au Québec. Ce n'est pas juste une vie qui est détruite, c'est plein de vies. Pourquoi ce sont les policiers qui interviennent dans ce genre de situation? »

Jeudi matin, se sentant impuissante par rapport à la détresse de son amoureux qui se mutilait les bras dans la salle de bain, la copine de Jean-François Nadreau a appelé le 9-1-1. « Aucune coupure n'était mortelle. La blonde de mon frère a paniqué un peu, mais son amie, qui était aussi dans l'appartement, réagissait vraiment mal. Elle paniquait, elle criait. »

M. Nadreau fait savoir qu'au moment où elle a demandé de l'aide, la jeune femme croyait que les ambulanciers allaient porter secours à son copain et non que la police déboulerait chez elle.

« Elle m'a rapporté que mon frère était calme en attendant les secours, mais quand il a vu les policiers, elle ne sait pas ce qui s'est passé, a relaté calmement Sébastien Nadreau. Elle m'a dit que ce n'était plus son visage, il a paniqué, il a pris sa machette et crié à la police de sortir de l'appartement. Les policiers ont demandé aux filles de sortir de là. Sa copine se souvient du coup de feu et du cri de mon frère. Elle a tout de suite compris que c'était fini. »

Le frère endeuillé n'attend rien de l'enquête indépendante menée par la Sûreté du Québec puisque des agents du SPVM sont concernés par cette intervention. « Il y a un manque de transparence », a-t-il estimé.


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