Kathryne Lamontagne
Agence QMI

L'Église en tire profit

Édith Piaf censurée - L'Église en tire profit

Jasmin Lemieux-Lefebvre, porte-parole pour le diocèse de Québec.© Archives/Agence QMI

Kathryne Lamontagne

L'Église catholique de Québec a mis à profit la censure d'une chanson d'Édith Piaf, dans une école primaire de Sorel, pour effectuer un coup de publicité, hier, en publiant la phrase «Dieu réunit ceux qui s'aiment» dans les quotidiens de la région de Québec.

Cette simple citation, inscrite en noir sur fond blanc, correspond à celle qui a été retirée de la chanson Hymne à l'amour par un enseignant de musique, parce qu'elle contenait le mot «Dieu».

«La classe politique se disait outrée du retrait de la finale de la chanson d'Édith Piaf, et la population aussi. On a pu voir que c'est une limite : toucher à la notion de Dieu dans les œuvres d'art, c'est inacceptable», explique Jasmin Lemieux-Lefebvre, porte-parole pour le diocèse de Québec.

Visibilité aux paroisses

L'Église catholique de Québec a du même coup donné de la visibilité à ses paroisses. En effet, l'espace publicitaire réfère à son site Internet.

«Tout ça s'est fait en deux heures, jeudi. Une conversation, sur l'heure du midi, avec des collègues, ici, au diocèse. Ces cinq mots-là, on trouvait que ça s'agençait avec la réalité de nos paroisses», explique-t-il.

M. Lemieux-Lefebvre espère que la situation fera réfléchir. «Les gens vont y penser à deux fois, dans l'avenir, avant de tasser Dieu, sous prétexte que c'est ce que la société veut. Le débat est sain. Il y a beaucoup de personnes qui sont mal à l'aise de parler de la notion de Dieu sur la place publique», avance-t-il.

«Opportunisme»

Pour Christian Désilets, professeur de publicité sociale à l'Université Laval, l'Église catholique a fait preuve d'un «opportunisme publicitaire de bon aloi».

«Il tire partie d'un événement d'actualité pour faire une publicité et ça génère beaucoup d'attention», avance-t-il.

Il salue la présence de plus en plus marquée du diocèse dans l'univers de la publicité. «L'Église n'a plus beaucoup de choix de faire des relations média et de la publicité. Le principal réseau de distribution de la foi s'est effrité : des églises, il y en a de moins en moins et les gens n'y vont pas.»

M. Désilets se dit d'ailleurs surpris qu'aucune agence publicitaire n'ait orchestré l'affaire.

«S'il n'y a pas d'agences de publicité derrière ça, il y a quelqu'un dans cette organisation-là qui a vraiment l'esprit publicitaire», clame-t-il.



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