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Paul Laplante s'est suicidé en prison

Affaire Diane Grégoire - Paul Laplante s'est suicidé en prison

Paul Laplante © Archives

Dernière mise à jour: 09-01-2012 | 20h34

MONTRÉAL - Paul Laplante, qui était accusé du meurtre prémédité de sa conjointe, Diane Grégoire, s'est enlevé la vie.

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Le camionneur de 54 ans s'est pendu dans sa cellule du centre de détention de Rivière-des-Prairies, à Montréal, où il était détenu depuis la fin décembre. Ce sont des agents correctionnels qui ont fait la macabre découverte, vers 10 h 30 lundi. Il était seul dans sa cellule et aurait fait croire aux agents qu'il était aux toilettes.

M. Laplante avait été arrêté le 13 décembre et accusé du meurtre prémédité de Diane Grégoire, près de quatre ans après sa disparition.

Il avait comparu brièvement, au lendemain de son arrestation, au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield. Les enfants du couple Grégoire-Laplante, Elizabeth et Francis, avaient assisté à la comparution de leur père et s'étaient brièvement adressés aux médias, se disant atterrés par la tournure des événements.

Les policiers ont mené en vain de nombreuses fouilles pour retrouver le corps de Diane Grégoire, notamment sur une terre de Saint-Valérien-de-Milton, en Montérégie, en septembre dernier. C'est un citoyen qui a finalement retrouvé par hasard les restes de Diane Grégoire, le 21 novembre dernier, dans un secteur boisé de Coteau-du-Lac.

M. Laplante, un ancien maire de la municipalité de Saint-Liboire, a toujours affirmé que sa femme avait disparu aux Promenades Saint-Bruno, le 31 janvier 2008.

Selon des sources policières, le mobile du meurtre de la mère de famille de 51 ans serait d'ordre financier.

Pas de signes avant-coureurs

L'avocat de M. Laplante, Marc Labelle, qui le représentait depuis le 21 décembre, s'est dit « désolé » et « surpris » lundi du suicide de son client. « Je l'avais rencontré la semaine dernière dans le but de préparer la requête de remise en liberté », a-t-il mentionné, assurant ne pas avoir noté de signes de détresse ou de morosité particulière chez l'accusé.

« Je n'ai pas eu de sa part de discours suicidaire à aucun moment », a indiqué Me Labelle.

Selon le chroniqueur judiciaire Claude Poirier, Paul Laplante était victime d'intimidation au centre de détention de Rivière-des-Prairies. « Il s'est fait pas mal écœurer à l'intérieur des murs. Je pense qu'il ne voyait pas de portes de sortie dans ce dossier-là », a indiqué M. Poirier.

Me Labelle affirme ne pas avoir été informé que son client subissait de pression particulière de la part de ses codétenus.

Situation d'extrême détresse

Selon l'ancien avocat du défunt, Robert La Haye, M. Laplante « se sentait atterré par la façon qu'il était pourchassé médiatiquement ».

« À partir du moment où une personne décide de s'enlever la vie, c'est qu'elle est dans une situation d'extrême détresse », a-t-il souligné.

« Le décès de M. Laplante ne signifie pas qu'il était coupable », a tenu à rappeler Me La Haye, qui estime que ce suicide est « le résultat d'une longue période où on l'a pointé du doigt […] comme s'il était un coupable ».

Bien qu'il semblait triste, son ancien client n'exprimait pas facilement ses sentiments, a indiqué Me La Haye.

Le juge avait interdit à l'accusé toute communication avec les membres de sa famille, une situation que l'accusé vivait difficilement, selon son ancien avocat. « Il avait dit qu'il serait plus heureux mort que vif », a dit Me La Haye.

« On s'y attendait »

« On s'attendait à ce qu'il pose un geste comme celui-là », a affirmé Chantal Morin lundi, du Comité de recherches de Diane Grégoire.

Selon Mme Morin, M. Laplante était acculé au pied du mur. « D'après nous, il savait que les policiers avaient travaillé vraiment fort dans le dossier et que la preuve était vraiment solide », a-t-elle mentionné.

« C'est sûr que tout au long des quatre années que Diane était disparue, on n'a pas pu vraiment s'exprimer, car on craignait des représailles de M. Laplante », a ajouté Mme Morin.

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Chronologie des événements

31 janvier 2008 : Diane Grégoire, 51 ans, est portée disparue par son conjoint, Paul Laplante. L'homme raconte avoir laissé sa conjointe aux Promenades Saint-Bruno, ce matin-là. Il devait la retrouver au même centre commercial en fin de journée. Or, la femme ne s'est jamais présentée au rendez-vous.

Les caméras de surveillance des Promenades Saint-Bruno n'ont jamais permis de prouver que Diane Grégoire s'était bel et bien rendue sur place.

1er février 2008 : Début de l'enquête policière, d'abord menée par la police de Longueuil.

14 mai 2009 : Début des recherches, à Saint-Liboire, en Montérégie. Perquisition chez le conjoint de Diane Grégoire, Paul Laplante.

19 juin 2008 : Recherches à Sainte-Anne-de-Bellevue.

4 août 2008 : Fouilles de la maison familiale du couple Grégoire-Laplante.

31 août 2008 : Fouilles dans le fleuve Saint-Laurent.

16 novembre 2008 : Recherches près de la rivière Yamaska.

27 janvier 2010 : La police de Longueuil affirme avoir reçu plus de 224 informations en deux ans relativement à la disparition de Diane Grégoire.

12 septembre 2011 : La police considère dorénavant le dossier de Diane Grégoire comme étant un homicide.

13 septembre : La police de Longueuil et la Sûreté du Québec (SQ), qui s'est joint au dossier, entreprennent des recherches sur une terre de près de 3050 mètres carrés, à Saint-Valérien-de-Milton, en Montérégie.

Il a été possible d'apprendre plus tard que ces recherches avaient été entreprises à la suite d'une information voulant que Paul Laplante ait posé plusieurs questions à un employé de la porcherie concernant le fonctionnement d'un incinérateur à carcasses.

Pendant près de deux mois, des policiers ont tamisé le sol de la ferme Shefford dans l'espoir de retrouver des éléments de preuve concernant le dossier Diane Grégoire.

16 novembre 2011 : À la surprise générale, on apprend que le dossier du meurtre de Diane Grégoire a été soumis pour accusations au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). À ce moment, les restes de Diane Grégoire n'avaient pourtant pas été retrouvés.

21 novembre 2011 : Découverte d'ossements par un passant dans un secteur boisé de Coteau-du-Lac, à proximité de l'autoroute 20.

29 novembre 2011 : Lors d'un point de presse commun, la SQ et la police de Longueuil confirment que ce sont les restes de Diane Grégoire qui ont été retrouvés la semaine précédente à Coteau-du-Lac. L'enquête est dès lors confiée à la Sûreté du Québec.

13 décembre 2011 : Paul Laplante est arrêté dans un commerce de Saint-Hyacinthe.

14 décembre : Paul Laplante est inculpé du meurtre prémédité de Diane Grégoire. Il comparaît au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield. Les enfants du couple, Elizabeth et Francis, s'adressent brièvement aux médias.

21 décembre 2011 : La comparution de Paul Laplante, au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield, est reportée au 20 février 2012. L'accusé, qui était jusqu'alors représenté par Me Robert La Haye, change d'avocat. L'homme de 54 ans est dès lors représenté par Me Marc Labelle.

9 janvier 2012 : Paul Laplante est retrouvé pendu dans sa cellule du centre de détention de Rivière-des-Prairies, à Montréal. Il commet ce geste avant même d'avoir enregistré un plaidoyer dans ce dossier. L'homme n'aura jamais l'occasion de faire face à la justice et d'être jugé par ses pairs.



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