Marc Pigeon et Stéphane Leclair/Le Journal de Montréal
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Récemment sorti de l'hôpital

Drame | Métro - Récemment sorti de l'hôpital

Le suspect, Farshad Mohammadi, que l’on voit ici sur la civière, avait des problèmes psychiatriques et avait récemment obtenu son congé de l’hôpital.© Archives


Marc Pigeon et Stéphane Leclair/Le Journal de Montréal

Sans-abri et psychiatrisé, l'homme abattu par la police, vendredi, avait obtenu son congé de l'hôpital il y a à peine quelques semaines. La tragédie de la station de métro Bonaventure met en lumière le manque de soins offerts aux itinérants et leurs difficiles relations avec les policiers, alors qu'ils sont de plus en plus nombreux dans les rues de la ville.

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Un problème «criant» au centre-ville de Montréal, estime le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur.

D'ailleurs, c'est la seconde fois en l'espace de seulement sept mois que des policiers montréalais ouvrent le feu mortellement sur un psychiatrisé.

Abattu le 7 juin dernier, Mario Hamel venait lui aussi d'obtenir son congé de l'hôpital. Cette fusillade, en pleine rue Saint-Denis, avait aussi causé la mort d'une victime innocente, Patrick Limoges ( voir autre texte).

La victime de vendredi, Farshad Mohammadi, 34 ans, d'origine arabe, aurait été interpellée par deux policiers affectés à l'unité métro, en début d'après-midi, à la station Bonaventure.

Selon nos informations, dans un geste très rapide, l'homme aurait blessé l'un des deux policiers à l'aide d'un X-Acto à la tête, au cou et au ventre, avant même qu'ils aient eu le temps de dégainer leur arme de service.

Touché au cou, à la tête et au ventre

Après avoir pris du recul, les policiers se seraient approchés de nouveau de l'individu pour procéder à son arrestation.

C'est à ce moment que les choses ont dégénéré et que des coups de feu ont été tirés, atteignant mortellement M. Mohammadi.

Le policier qui a été blessé, qui compte une quinzaine d'années d'expérience, est aussi celui qui a fait feu sur le suspect.

Son partenaire était un policier temporaire qui ne cumulait que quatre mois service au SPVM. S'il n'a pas été blessé, celui-ci en a été quitte pour un sévère choc nerveux.

«Il faisait pitié à voir», a dit une source policière.

Toute l'intervention a été captée par les caméras de surveillance du métro de Montréal.

Les bandes vidéo ont été récupérées et seront analysées par les détectives de la Sûreté du Québec, qui mènent l'enquête indépendante.

Des cas «extrêmes»

L'homme abattu ne portait aucune pièce d'identité et c'est par le biais de ces empreintes digitales qu'il a été identifié. La police n'a d'ailleurs pas encore retracé sa famille, a fait savoir le sergent Claude Thibodeau.

M. Mohammadi présentait une fiche criminelle comportant deux causes d'introduction par effraction et bris de condition, en 2008 et 2009.

Il avait été interné dans un hôpital psychiatrique de Montréal, ces derniers temps. Ayant vraisemblablement pris du mieux, il avait obtenu son congé de l'hôpital tout récemment, il y a à peine quelques semaines, a-t-on appris. L'hôpital n'a pas répondu aux appels du Journal, hier.

Sans-abri depuis environ cinq ans, M. Mohammadi fréquentait notamment la maison Bon Accueil et la Mission Old Brewery, d'où il a été mis à la porte.

«Nous l'avons expulsé en 2008 après un épisode de violence. Il n'est jamais revenu ici», a confié Jessica Falardeau, intervenante à la Mission Old Brewery.

La présence de sans-abri en proie à des troubles psychiatriques est un problème grandissant au centreville, selon le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur.

Selon lui, ces malades manquent d'encadrement, de soutien et de suivi par le système de santé.

«Malheureusement, c'est nous qui nous retrouvons avec des individus problématiques, des cas extrêmes.»



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