Stéphane Sinclair
Journal de Montréal

«On attend toujours un drame...»

Drame | Métro - «On attend toujours un drame...»

© Ian Gauthier / Agence QMI


Stéphane Sinclair

Le manque de ressources pour les sans-bris, les toxicomanes et les personnes souffrant de troubles mentaux est flagrant, à Montréal, aux yeux de plusieurs observateurs.

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Pour Jessica Falardeau, intervenante à la Mission Old Brewery, la mort de Farshad Mouhammadi, vendredi, et celle de Mario Hamel, en juin dernier, démontrent l'urgence de trouver des ressources pour venir en aide à deux classes d'itinérants.

«Il y a ceux qui ont des troubles psychiatriques et qui ne sont pas pris en charge par le système de santé, dit-elle. Ils sont souvent totalement désorganisés.»

Intoxiqués

Il y a aussi ceux qui sont intoxiqués. «Nous n'avons pas les ressources pour les aider», poursuit-elle.

S'ils sont intoxiqués, ils ne peuvent pas rester à la Mission Old Brewery. S'ils sont en crise en raison de troubles psychiatriques, ils doivent être pris en charge par le système de santé.

«Mais on les laisse aller souvent après leurs crises ou après la fin de leurs symptômes », explique Mme Falardeau.

L'intervenante affirme que les itinérants se plaignent régulièrement de la police. Elle explique que la police aurait intérêt à être mieux formée pour travailler auprès de ces gens, et ce, malgré le groupe d'intervention spécialisé en itinérance du SPVM.

Situations explosives

"Il y a un groupe d'intervention spécialisé, mais ce ne sont pas tous les policiers qui ont les outils nécessaires pour travailler auprès de ces gens, dit Mme Falardeau.

«Ce n'est pas toujours facile d'être avec ces gens. Souvent, ils explosent lorsqu'ils rencontrent des contraintes», soutient-elle.

«Ils nous expulsent du métro, parfois sans aucun motif. On ne leur fait rien. On est calme», soutient Benoît Noël Nana, un itinérant habitué de la place Bonaventure rencontré par le Journal, hier.

Refuge fondamental

Mme Falardeau explique que les policiers doivent comprendre que lorsqu'ils expulsent des itinérants du métro en hiver, ils s'attaquent à quelque chose de fondamental pour eux.

«C'est l'hiver, c'est un besoin fondamental de se réfugier pour eux, dit-elle. C'est aussi important que de manger. La réaction peut être forte», lance-t-elle.

On a tellement délaissé les soins à cette catégorie de personnes que plusieurs des pires cas se retrouvent maintenant dans la rue.

Pour la Fraternité des policiers de Montréal, dans les hôpitaux, «les ressources sont mises sur les cas urgents. Nous, sur le terrain, on traite avec les cas extrêmes», indique le président Yves Francoeur.



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