Jacques Beaulieu évite la prison

Justice - Jacques Beaulieu évite la prison

© Agence QMI


Jean-Philippe Arcand

MONTRÉAL - Jacques Beaulieu, l’un des individus impliqués dans le spectaculaire incendie du bunker des Hells Angels à Sorel-Tracy, survenu en octobre 2008, n’ira pas en prison. L’homme de 57 ans a écopé d’une sentence avec sursis assortie d’une probation d’un an, lundi, au palais de justice de Montréal.

Quelques instants auparavant, il avait plaidé coupable à une accusation réduite de complicité après le fait. À l’origine, des chefs d’incendie criminel, possession de matériel incendiaire, introduction par effraction et vol de véhicule pesaient contre lui. Il devait normalement subir son procès devant jury le 1er novembre.

Le juge André Vincent, de la Cour supérieure, a ainsi donné suite à la suggestion conjointe du procureur de la Couronne, Me Pierre-Luc Rolland, et de l’avocate de Beaulieu, Me Sonia Mastromatteo.

Beaulieu s’avère donc le seul des trois hommes accusé à être condamné en lien avec cet incident. Son neveu et maître d’œuvre de cet attentat, Steve Carbonneau, a été déclaré non criminellement responsable de ses gestes pour cause de troubles mentaux. Un dernier acolyte, Stéphane Blanchette, a quant à lui été acquitté par un jury.

Problèmes psychiatriques

La « quête insensée » de Carbonneau, telle que décrite par le juge Vincent, commence alors qu’il est hébergé chez son oncle, en Abitibi. En proie à de sérieux problèmes psychiatriques, il souffre d’un délire de persécution qui l’amène à croire que des membres des Hells Angels veulent le tuer et que sa conjointe a eu des relations intimes avec certains de ces motards.

Désirant se venger, il décide de se rendre avec Beaulieu à Sorel-Tracy, sa ville natale. Carbonneau se déplace ensuite au domicile de Blanchette pour lui demander de lui prêter sa camionnette. Son ton est menaçant et il multiplie les propos intimidants. Beaulieu et Blanchette ignorent tout de ses véritables intentions.

Le soir du 18 octobre 2008, Carbonneau ordonne aux deux hommes de le suivre alors qu’il va remplir des bidons d’essence dans une station-service. Le trio arrive ensuite devant un immeuble commercial. Pendant que Beaulieu et Blanchette attendent sur le trottoir, Carbonneau asperge les lieux d’essence et allume le feu. Il dira plus tard ne pas savoir pourquoi il a incendié l’endroit.

« Amateurisme et improvisation »

Un peu plus tard, toujours en traînant ses deux complices, Carbonneau dérobe un camion-citerne stationné dans un garage du parc industriel de Sorel-Tracy. Les trois hommes se rendent ensuite devant le bunker des Hells, alors situé au 153 de la rue Prince. Carbonneau, qui est seul au volant du poids lourd, fonce aussitôt dans le bâtiment, avant de l’incendier.

Celui-ci reconduit Blanchette chez lui. Il se rend par la suite dans un motel de la région de Drummondville avec Beaulieu, où ils passeront tous les deux la nuit, d’où l’accusation de complicité après le fait. Les trois individus seront cependant rapidement retracés puis arrêtés quelques jours plus tard.

« Les crimes commis relèvent de l’amateurisme et de l’improvisation », a martelé le juge Vincent en rendant sa décision.

Durant sa probation, Jacques Beaulieu ne pourra communiquer avec Steve Carbonneau et Stéphane Blanchette. Il lui sera également interdit de se trouver sur le territoire de Sorel-Tracy.


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