Sarah-Maude Lefebvre
Agence Qmi et Le Journal de Montréal
Journal de Montréal

Tragédie en Mauricie

Écrasement | Hydravion - Tragédie en Mauricie

L’écrasement est survenu sur la rivière Bostonnais, située près de La Tuque.© Agence QMI

Sarah-Maude Lefebvre
Agence Qmi et Le Journal de Montréal

Un garçon de huit ans a tragiquement perdu la vie, hier après-midi, alors que l'hydravion dans lequel il avait pris place avec sa famille s'est écrasé dans la rivière Bostonnais, au nord de La Tuque.

L'enfant, grièvement blessé, a succombé à ses blessures en fin d'après-midi hier. Sa soeur, âgée de dix ans, se trouve dans un état critique à l'hôpital de La Tuque, d'où elle devrait être transférée vers un autre hôpital dans les prochaines heures.

Les trois autres adultes qui étaient à bord de l'hydravion Cessna, soit le pilote et les parents des deux enfants, un couple de Français ont subi des blessures mineures.

La famille profitait de ce vol touristique pour admirer ce secteur de la Mauricie, lorsque l'avion s'est brusquement abîmé dans la rivière Bostonnais, vers 15h40 hier après-midi, à peine quinze minutes après le décollage de La Tuque.

Un sauvetage compliqué

Les opérations de sauvetage ont été compliquées par le fait que l'écrasement a eu lieu dans un secteur difficile d'accès. C'est d'ailleurs un citoyen, résidant à proximité du site de l'accident, qui a prêté main-forte en premier aux victimes.

Rapidement, la petite fille a pu être extirpée de la carcasse de l'appareil, et a repris conscience dans les minutes suivant son sauvetage.

Son jeune frère a eu moins de chance. Selon des témoins, il aura fallu plusieurs minutes et de nombreuses plongées au père de l'enfant et au pilote de l'avion, avant de pouvoir dégager le jeune garçon de l'hydravion.

Que s'est-il passé ?

La Sûreté du Québec et le Bureau de la sécurité des transports ont amorcé, hier, leur enquête pour tenter de comprendre les causes de cet écrasement.

Dans un communiqué envoyé en début de soirée, Air Tamarac, la compagnie qui possède l'hydravion, a affirmé ne pas connaître les causes de cet accident qui a coûté la vie à un membre de la famille Glanzmann.

«Nous sommes en activité depuis 1994 et c'est la première fois que nous vivons un événement aussi triste (...) nous collaborons pleinement avec les autorités», peut-on lire dans le communiqué.

Pour Michel Garceau, président de Passeport Aventure, une entreprise qui proposait jusqu'à tout récemment des vols touristiques dans cette région, il est fort probable que la cause de l'accident soit un bris mécanique.

«Ce n'est pas un parcours difficile, et il n'y a aucune difficulté particulière sur le terrain. J'ai décollé 40 fois avec un Cessna dans cette région et je n'ai jamais eu de problème», affirme-t-il.

«Nous avons tout fait pour les sauver»

Quand il a vu passer l'hydravion en détresse au-dessus de sa maison, l'ancien militaire Jean-Paul Muir a tout de suite deviné que l'appareil « courait tout droit vers la catastrophe».

Le père de famille, qui réside à proximité de la rivière Bostonnais, s'est alors précipité sur les lieux du drame.

« Les deux parents et le pilote étaient sortis de l'appareil, a-t-il raconté au Journal. La dame m'a crié que ses enfants étaient toujours prisonniers de l'avion. »

N'écoutant que son courage, Jean- Paul Muir s'est alors jeté à l'eau pour venir en aide aux deux enfants. Il a ramené la petite fille à la surface, pendant que le père et le pilote plongeaient à tour de rôle pour aller secourir l'autre enfant.

« J'ai déposé la fillette sur le flotteur de l'appareil et j'ai tenté de la réanimer, relate- il. Au bout de quelques minutes, elle est revenue parmi nous et elle respirait d'elle-même. »

Le sauvetage du garçon s'est toutefois moins bien déroulé, explique M. Muir.

« Le pilote et le père n'étaient pas capables de le sortir de là. Peut-être que sa ceinture était bloquée. Ils ont finalement réussi à l'évacuer de l'avion au moment où les secours sont arrivés. »

Traumatisant

De son côté, Jean-Paul Muir est resté dans l'eau avec la petite fille jusqu'à ce qu'on procède à l'évacuation de cette dernière. Le militaire à la retraite est ensuite monté sur l'épave pour reprendre son souffle en compagnie du pilote.

« La mère des enfants était en panique totale. Elle était hystérique. Finalement, elle est partie seule dans une ambulance, tandis que le père était dans une autre avec son fils », narre M. Muir.

« On n'est jamais prêt à cela. Au moins, j'avais un peu d'expérience. Mais tout cela m'a ébranlé », avoue-t-il.

Refusant d'être qualifié de « héros », Jean-Paul Muir affirme avoir réagi de façon instinctive.

« Dans des situations comme celles-là, surtout quand des enfants sont impliqués, tu passes rapidement en deuxième vitesse. Même si ce n'est pas facile. »



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