Jean-Philippe Arcand
Agence QMI

Deux ans de prison pour Philippe Truchon

Cyberprédateur - Deux ans de prison pour Philippe Truchon

Le cyberprédateur Philippe Truchon a été condamné à 2 ans de prison au palais de justice de Montréal.©Agence QMI/ Delf Berg


Jean-Philippe Arcand

Dernière mise à jour: 14-07-2011 | 21h13

MONTRÉAL - Même si des experts l’ont décrit comme un individu «sadique» ayant des «traits psychopathes» et qu’il a admis avoir forcé pas moins de 286 adolescentes – en seulement cinq mois – à s’adonner à des spectacles érotiques devant leur caméra web, le cyberprédateur Philippe Truchon a été condamné à une peine somme toute clémente de deux ans de prison, jeudi, au Palais de justice de Montréal.

La juge Isabelle Rheault, de la Cour du Québec, a refusé d’imposer à l’homme de 31 ans la sentence maximale de cinq ans d’emprisonnement, comme le réclamait la procureure de la Couronne, Me Roxane Laporte.

«Dans la jurisprudence, c’est à peu près le plus grand nombre de victimes qu’on ait vu, tant au Canada qu’aux États-Unis», a noté cette dernière à la fin de l’audience, ajoutant qu’elle étudierait la possibilité de porter l’affaire en appel.

La magistrate a pourtant tenu de durs propos à l’endroit de Truchon, qui l’écoutait très attentivement depuis le box des accusés. «Pour moi, vous êtes un individu manipulateur qui ment aux autres et à vous-même. Vous tiriez plaisir à convaincre ces adolescentes de se dévêtir devant leur ordinateur», a-t-elle martelé.

Un rapport pré-sentenciel et une évaluation sexologique faisaient également état d’une «dynamique sexuelle s’apparentant à du sadisme non manifeste» dans laquelle il démontre une «tendance à la domination et au contrôle». Les spécialistes parlent aussi d’un «faible niveau d’empathie».

La juge Rheault a cependant rappelé les conclusions d’une psychiatre de l’Institut Philippe-Pinel qui, bien qu’elle reconnaisse que Truchon présente un risque de récidive élevé, n’a pas jugé nécessaire de le déclarer délinquant à contrôler, tel que le souhaitait la poursuite.

Propos explicites

Truchon a plaidé coupable à quatre accusations de leurre après avoir sévi de mars à juillet 2008, alors qu’il demeurait à Sorel-Tracy. Il approchait ses victimes, âgées de 12 à 17 ans, via Facebook et MSN.

Loin de s’en tenir à un simple dialogue coquin, l’homme s’exprimait de façon très crue, employant des propos souvent violents et insultants. Il demandait constamment à ces jeunes filles d’exhiber certaines parties de leur corps et les menaçait parfois de représailles si elles refusaient.

Avec l’une des victimes, il a créé un scénario incestueux dans lequel il jouait le rôle d’un père violant sa fille. Il a demandé à une autre de lui envoyer des photos de sa petite sœur de sept ans nue.

C’est lorsque le tuteur d’une des adolescentes ciblées, qui avait 13 ans à l’époque, a porté plainte à la police que Truchon a pu finalement être arrêté.

Libéré sous condition, il est retourné derrière les barreaux en avril 2010 après qu’on l’eut arrêté pour avoir forcé deux jeunes femmes à se prostituer. Il a également reconnu sa culpabilité dans cette affaire pour laquelle il a écopé de 18 mois de détention.

Un «jeu»

Aux yeux de son avocat, Me André Boissonneault, Truchon a écopé d’une peine «très raisonnable» compte tenu des circonstances. Il souligne entre autres que son client n’a jamais tenté de rencontrer ses nombreuses victimes. «Pour lui, c’était un jeu, affirme-t-il. Il était en période de chômage et n’avait que ça à faire. Ça n’excuse pas le geste, mais il n’avait pas l’intention d’agresser les petites filles.»

À sa sortie du pénitencier, Philippe Truchon sera sous le coup d’une probation de trois ans. De plus, il verra son nom être inscrit au registre des délinquants sexuels pour une durée de 20 ans.



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