Eric Thibault
Journal de Montréal

Toujours en attente d'un verdict

Procès Turcotte - Toujours en attente d'un verdict

Le sort de Guy Turcotte est entre les mains du jury.©Agence QMI/ Delf Berg


Eric Thibault

Dernière mise à jour: 03-07-2011 | 19h10

SAINT-JÉRÔME - Les 11 jurés chargés de juger Guy Turcotte doivent entamer ce lundi leur cinquième jour de délibérations, n’étant pas encore parvenus à l'unanimité concernant un verdict.

Amorcé jeudi en fin d'avant-midi, leur huis clos s’est déroulé toute la journée, dimanche, au palais de justice de Saint-Jérôme, pour trancher le sort du cardiologue inculpé des meurtres prémédités de son fils de 5 ans, Olivier, et de sa fille de 3 ans, Anne-Sophie.

Samedi, les sept femmes et quatre hommes ont obtenu la permission de réentendre des extraits du témoignage livré par l'accusé au procès, de même que celui de son psychiatre traitant, le Dr Jacques Talbot, de l'Institut Pinel.

Le jury veut vraisemblablement comparer ces deux versions afin de jauger la crédibilité de Turcotte et déterminer la valeur de sa défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Le Dr Talbot a été appelé à la barre des témoins par la Couronne le 7 juin, à la suite des témoignages rendus par les deux psychiatres experts de la défense.

Relevé du secret professionnel

Témoignant en toute neutralité, le psychiatre comptant plus de 43 ans de pratique avait exigé que le juge Marc David le relève de son secret professionnel avant de révéler au tribunal les détails du dossier médical de son patient et des observations qu'il a faites sur l'état d'esprit de l'accusé au cours de l'année 2009.

Le Dr Talbot a notamment relaté que durant les mois suivant la tragédie, Guy Turcotte lui a souvent exprimé la colère qu'il ressentait envers son ex-conjointe, Isabelle Gaston, qui l'a laissé après avoir entrepris une liaison avec un ami proche du couple. C'est d'ailleurs le mobile des crimes reprochés, tel qu'allégué par la poursuite.

Le psychiatre de l'Institut Pinel a aussi parlé des « traits narcissiques » de Turcotte, de ses difficultés à affronter ses problèmes, de la « culpabilité pathologique » qu'il ressentait pour avoir poignardé ses enfants et de sa déception face à l'échec de sa tentative de suicide du 20 février 2009.

Bien qu'il ait été son psychiatre traitant pendant près d'un an, le Dr Talbot n'a jamais pu entrer dans les détails des crimes reprochés avec son patient. Des informations que l'accusé a préféré réserver pour les psychiatres experts et les avocats de sa défense.

Dimanche, en fin d’après-midi, les jurés sont retournés à l’hôtel. Ils reprendront leurs délibérations lundi matin au palais de justice.



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