Elle doit se battre pour être payée

Honoraires

Me Goldwater a représenté Lola pour faire reconnaître ses droits à titre conjoint de fait. © Archives/Agence QMI

Caroline D'astous
Le Journal de Montréal

Après s'être battue comme une lionne pendant plusieurs mois pour faire valoir les droits de sa célèbre cliente Lola, l'avocate Anne-France Goldwater doit maintenant livrer un autre combat devant les tribunaux pour se faire payer ses honoraires.

Le montant de la facture s'élève à 57 000$. Et pour Me Goldwater, la personne en cause dans toute cette histoire est le parrain financier de Lola: le riche Montréalais, Herbert Black.

L'affaire est devant le tribunal. Ça ne touche pas elle directement (Lola), mais Herbert Black qui ne veut pas payer les honoraires», explique l'avocate, qui a défendu Lola contre son ex-conjoint millionnaire.

La cause avant la cliente

Ce n'est pas la première fois que Me Goldwater a maille à partir avec Lola. Après son premier procès, la célèbre cliente avait disparu du pays pendant une année sans payer ses frais d'avocat, pour un total d'un peu plus de 300 000 $.

Devant la situation, l'avocate a fait appel aux tribunaux à plusieurs reprises pour obtenir des mandats de saisis chez sa cliente.

Selon elle, il y avait urgence d'agir, car une telle somme d'argent pouvait mettre en danger la propre survie de son bureau. «Il n'y a rien d'agréable là dedans. Et ça n'a pas été drôle de devoir agir ainsi», dit-elle.

Conjoints de fait

Est-ce que cette situation aura un impact négatif sur le droit des femmes ? Sûrement pas assure-telle.

«Ce que j'ai fait pour Lola, je l'ai fait pour défendre le droit des conjoints, pas pour elle, ni pour l'argent, rassure-t-elle. Mais Lola, avec plus de 35 000 $ de pension alimentaire par mois, aurait quand même pu me remercier. Même une bouteille de vin aurait été acceptable dans les circonstances.»

Malgré la situation, Me Goldwater trouve la force de pardonner à Lola, comme elle l'avait fait suite au premier procès.

«Quand elle est entrée dans mon bureau pour le deuxième procès, j'ai pris une grande respiration et je me suis dit: pense aux bénéfices que la cause va avoir sur toutes les femmes dans cette situation. Je me suis battue pour ça», explique-t-elle, la voix convaincante.

La cause de Éric et Lola, (noms fictifs) se poursuivra en janvier prochain devant la Cour suprême du Canada. Cette fois, Me Goldwater ne représentera pas Lola, car cette dernière a sollicité les services du constitutionnaliste Me Guy Pratte.

Ce qui ne l'empêchera pas de participer. «Je vais aller à la Cour au nom d'un Regroupement social, même gratuitement s'il le faut. Mais les droits des conjoints de fait sont trop importants pour rester sans rien faire», conclut-elle.

JUGEMENT DE LOLA CONTRE ÉRIC (NOMS FICTIFS)

Lola reçoit une pension alimentaire de 36 500$ par mois de son ex-conjoint.

Elle a obtenue une maison évaluée à 2.5 M$ avec véhicule et chauffeur, cuisinier, et gouvernante.

Union de fait

1,2 millions de Québécois sont conjoints de fait.

34,6 % des couples vivent en situation d'union de fait au Québec.

Au Québec, 60 % des enfants naissaient hors mariage, en 2002.

Au Canada, moins de 20 % des couples vivent en union de fait, en comparaison avec le Québec

SOURCE : STATISTIQUE CANADA


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