Sarah-Maude Lefebvre
Journal de Montréal

Il regrette de l'avoir engagé

Pierre Dupont - Il regrette de l'avoir engagé

Pierre Dupont a fait un stage à cette clinique, alors que l'Ordre des podiatres ne lui avait pas encore délivré un permis de pratique. © Pierre Paul Poulin / Journal de Montréal


Sarah-Maude Lefebvre

Lorsqu'il l'a engagé pour un stage, le podiatre George Bochi ne savait pratiquement rien du lourd passé de sa nouvelle recrue. Aujourd'hui, il regrette amèrement d'avoir engagé Pierre Dupont.

Joint hier, M. Bochi a révélé avoir appris en même temps que tout le monde les détails du passé professionnel de Pierre Dupont, qui a été radié par l'Ordre des dentistes à la suite de plusieurs erreurs médicales.

«Je ne veux pas que son passé se reflète sur moi, confie George Bochi. Au début de son stage, il m'a dit qu'il avait été radié comme dentiste, mais je ne connaissais pas toute l'histoire. J'ai été choqué quand j'ai appris cela. Je regrette de l'avoir engagé.»

Satisfait de son travail

Le Journal révélait hier que Pierre Dupont, qui a souvent défrayé la manchette au cours des dernières années, vient tout juste de remporter sa bataille contre l'Ordre des podiatres, qui ne désirait pas que l'homme de 55 ans intègre ses rangs.

Le Tribunal des professions a donné raison à Pierre Dupont, le 21 juin dernier, et ordonné qu'un permis d'exercice de la médecine podiatrique lui soit décerné.

Cela n'a toutefois pas empêché l'Ordre des podiatres d'intenter deux poursuites contre Pierre Dupont pour exercice illégal de la podiatrie. L'Ordre reproche à M. Dupont d'avoir travaillé à la clinique du podiatre George Bachi alors qu'il n'avait pas encore son permis de pratique.

Selon M. Bochi, Pierre Dupont a été engagé comme stagiaire en mai 2010, alors qu'il venait de terminer son doctorat en podiatrie. Un second stage a eu lieu de septembre 2010 à février 2011.

«Je n'ai eu aucune plainte contre lui, affirme M. Bochi. Je lui ai donné un travail d'hygiéniste et il était tout le temps sous ma supervision. Il faisait bien son travail.»

Une victime outrée

Murielle Godbout, elle, est «dévastée».

Cette femme de 65 ans a fait un infarctus sur la chaise de dentiste de M. Dupont, en décembre 1998, alors qu'il lui posait des implants buccaux.

Elle souffre encore aujourd'hui des conséquences de cet arrêt cardiaque.

«Je suis révoltée. Ça ne se peut pas qu'il ait été radié comme dentiste et qu'il puisse maintenant devenir podiatre, dénonce-t-elle. J'ai peur qu'il blesse d'autres gens.»

Le directeur général du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, s'avoue aussi «inquiet» et demande qu'on réétudie le dossier de M. Dupont.

sarah-maude.lefebvre@journalmtl.com


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