«Pony Tail» subira son procès

Opération

 

Daniel Renaud
Le Journal de Montréal

Giuseppe De Vito subira un procès. Le mafieux, qui était parvenu à fuir la justice durant quatre ans après l'opération Colisée, n'est pas parvenu à filer entre les doigts de la justice une deuxième fois puisqu'une requête en arrêt des procédures qu'il avait présentée a été rejetée hier par la Cour du Québec.

Dans sa requête, De Vito affirmait que le fait que ses deux avocats, Me Daniel Rock et Me Michel Pelletier, avaient été espionnés par la GRC en 2007 et 2008, lui causait préjudice, constituait un abus de procédures et nuisait à l'équité du procès.

Les deux avocats, qui représentaient à cette époque un autre accusé de Colisée, Alessandro Sucapane, avaient été filés par la GRC parce que celle-ci croyait que des avocats étaient utilisés pour corrompre des policiers de façon à ce que ces derniers témoignent en faveur de De Vito durant son procès.

Deux opérations consécutives de la GRC, baptisées Clandestin et Clandestin II, avaient mené à l'arrestation d'un employé civil de la police fédérale, Angelo Cecere puis d'un collègue de Me Rock et Pelletier, Me Gerardo Nicolo.

Cecere, un aveugle qui traduisait pour la GRC les conversations en italien captées durant le projet Colisée, est accusé d'avoir fourni de l'information confidentielle à De Vito, pour qui il aurait travaillé.

Me Gerardo Nicolo est l'avocat de Cecere, et il fait toujours face à des accusations de corruption et d'entrave à la justice.

Pas de faute

«L'opération policière Clandestin II est certes inhabituelle, surprenante et peut assurément alimenter les discussions. Toutefois, la preuve révélée dans le cadre de cette requête ne démontre aucun comportement abusif des policiers», conclut la juge Isabelle Rheault de la Cour du Québec.

La magistrate, qui blanchit également de toute faute professionnelle les procureurs de la Couronne fédérale qui se profilaient derrière les opérations Clandestin, a donc rejeté la requête de De vito, en rappelant que c'est lui qui a choisi d'être représenté par les avocats Rock et Pelletier.

Amaigri, les pommettes saillantes et le regard triste, De Vito, qui arbore toujours la longue queue-de-cheval qui lui a valu le surnom de Pony Tail, est demeuré impassible face à la décision de la juge.

De Vito, 45 ans, fait face à des accusations de complot, trafic de cocaïne et gangstérisme dans le cadre de l'Opération Colisée, qui a décapité le clan sicilien de Montréal le 22 novembre 2009.

Il n'a été arrêté qu'en octobre 2010 après une cavale de quatre ans durant laquelle il aurait été très actif.

Sa femme, Adèle Sorella, est accusée d'avoir tué les deux filles du couple à Laval en mars 2009.


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