Estofa Carries reste en prison

Daniel Renaud
Le Journal de Montréal

Arrêté il y a un mois dans le cadre de l'opération Acabar, l'homme d'affaires dominicain Estofa Carries a échoué hier dans sa tentative de recouvrer sa liberté.

Le juge Robert Marchi de la Cour du Québec a tenu compte des antécédents de l'homme de 55 ans, condamné à quatre ans de prison pour trafic de drogue en 1999, et a considéré que la confiance du public envers l'administration de la justice serait minée s'il était libéré.

C'est le sourire aux lèvres que l'accusé a salué de la main la quinzaine de membres de sa famille et amis qui avaient rempli la moitié de la salle d'audience en guise de soutien, avant de disparaître derrière la porte de la détention.

Estofa Carries possède plusieurs entreprises, dont une épicerie rue Saint-Hubert, le marché Estofa, où il a été arrêté le 8 avril dernier.

La police le soupçonne d'avoir été à la tête d'un réseau de trafiquants de cocaïne et de pilules, appuyé par des bureaux de change et démantelé dans le cadre de l'opération Acabar menée par les enquêteurs de la Division du crime organisé de la police de Montréal.

«Il est indéniable que nous sommes en présence de gens qui s'adonnent régulièrement au trafic de la drogue, et ce, à grande échelle», a dit le juge Marchi.

Connu et impliqué

Outre une épicerie, Estofa Carries possède une agence de voyages et une compagnie de production.

Il a un site Internet, estofa.com,qui démontre qu'il posséderait également une école de danse, un club de danse, un restaurant et un commerce de motos à Saint-Domingue, capitale de la République dominicaine, et qu'il aurait également un projet d'hôtel sur une plage.

Durant les années 2000, Carries a organisé à Montréal un populaire festival annuel de musique haïtienne, le KonpaFest, auquel ont pris part plusieurs artistes dont un certain Michel Martelly, élu récemment président d'Haïti.

Carries aurait déjà été en conflit avec le redoutable chef de gang Ducarme Joseph, qui a échappé de justesse à un attentat qui a fait deux morts dans sa boutique de vêtements du Vieux-Montréal en mars 2010.

À l'air libre

Sa principale coaccusée, Lina Maria Vargas Rueda, a pour sa part été libérée moyennant de sévères conditions.

La femme de 36 ans a fait un dépôt de 15 000 $ et son conjoint s'est engagé pour 25 000 $. Elle doit respecter un couvre-feu de 21 h à 7 h, se présenter à la Division du crime organisé du SPVM tous les vendredis et fournir tous les détails des transactions du bureau de change où elle travaille, dans le centre de conditionnement physique Titanium, rue Shelly, où la police a effectué des arrestations le 8 avril.


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