Daniel Renaud
Le Journal de Montréal
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Une sépulture pour Jolène ?

Daniel Renaud
Le Journal de Montréal

Le meurtrier de Jolène Riendeau connaissait-il sa victime au point de lui avoir fait une scépulture après l'avoir tuée ? La dépouille de la fillette a en effet été enterrée il y a 12 ans, à seulement trois kilomètres de chez elle, a révélé la police hier.

Ce sont des ouvriers qui s'affairaient à réparer le pont de l'Île-des-Soeurs de l'autoroute 15, dans le secteur Verdun, qui ont découvert le corps de la fillette, le 9 septembre dernier.

Ce jour-là, cette surprenante découverte avait fait l'objet d'un banal fait divers par un journaliste de QMI qui ignorait alors tout de l'identité de la victime.

Ce n'est qu'un mois plus tard que les enquêteurs des Crimes majeurs de la police de Montréal ont identifié formellement la fillette, grâce à sa fiche dentaire et son ADN.

La réputée anthropologue judiciaire Kathy Reichs, auteur de plusieurs romans policiers à succès, a pris part à l'examen de la dépouille.

En pays de connaissance

Le corps de la fillette a été trouvé à moins de trois kilomètres de son domicile, dans un secteur où il est difficile de se retrouver à moins de connaître les lieux. Un chemin de terre mène à l'endroit qui est accessible en voiture, mais également à pied.

Selon Environnement Canada, il faisait 9 degrés et le temps était généralement nuageux à 16 h le 13 avril 1999, moment ou Jolène Riendeau a été vue vivante pour la dernière fois.

Elle aurait donc très bien pu suivre, à pied, jusqu'à cet endroit, un individu qu'elle connaissait. Si le suspect avait eu une voiture, il aurait pu en effet cacher le corps à des kilomètres.

Enterrement

Malgré son isolement, l'endroit est très fréquenté. Une piste cyclable passe à proximité et les grafitteurs se succèdent sous le viaduc à un rythme effréné.

Le suspect a vraisemblablement pris des risques en enterrant sa victime plutôt que de la laisser dans un boisé ou de la jeter dans le fleuve qui coule à côté.

Même s'il devait rapidement se débarrasser du corps, il l'a plutôt enterré à la base d'un pilier, puis recouvert de grabats, un travail de forcat de plusieurs minutes qui pourrait indiquer qu'il n'était pas indifférent à sa victime.

«Même si cela reste de l'ordre du possible, je crois plutôt que l'individu voulait simplement échapper à une découverte rapide du corps», croit le psychologue Hubert Van Gijseghem.


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