Stéphane Alarie
Journal de Montréal

Les intrus reçus au poivre de Cayenne


Stéphane Alarie

La Sûreté du Québec a mis un frein, hier, aux opérations de l'entreprise Dragon Anti-Intrusion, qui commercialisait un système d'alarme considéré illégal puisqu'il émet un répulsif à base de poivre de Cayenne pour chasser les indésirables.

Un jet de poivre a d'ailleurs accueilli les agents de l'escouade tactique lorsqu'ils ont investi à l'aube une résidence de Rivière-Beaudette, où ils ont par ailleurs découvert une vingtaine de grenades inactives.

Daniel Fillion, l'inventeur et vendeur du système, et sa conjointe, Claire Leblanc, présidente de la compagnie, ont été arrêtés sur place. La fille de celle-ci, Christina Martin, qui figure comme actionnaire majoritaire au registre des entreprises, a aussi été appréhendée à Saint-Polycarpe.

Même les intrus...

Certes efficaces pour éloigner les voleurs, le dispositif de Dragon Anti-intrusion est considéré comme une arme prohibée, car il recourt au poivre de Cayenne pour neutraliser ou priver de ses capacités une personne. Du coup, il devient illégal.

Et il en est ainsi même lorsque c'est un intrus qui est visé, souligne la porte-parole de la SQ, Geneviève Bruneau.

Les trois individus arrêtés feront donc face à des accusations de complot, de possession et de trafic d'armes prohibées.

Amputation et grenades

Fillion, 53 ans, était déjà connu des services policiers, notamment pour ses fréquentations de jadis dans le milieu interlope et ses connaissances en explosifs. Il a d'ailleurs perdu la main droite dans une explosion dans les années 1990 alors que la guerre des motards faisait rage.

Les grenades trouvées hier chez le couple étaient inertes, mais le matériel nécessaire pour les activer se trouvait à proximité, a précisé Mme Bruneau.

Après son arrestation, Fillion a accepté d'ouvrir les portes de son entreprise aux enquêteurs du module mixte d'enquête sur le trafic d'armes à feu, de munitions et d'explosifs, tout en les assurant qu'aucun piège ne serait alors activé.

Partout dans le monde

Depuis ce local de la rue Principale à Les Côteaux, Dragon Anti-intrusion distribuait ses produits de par le monde. Le site Internet de la compagnie, qui a par ailleurs fait l'objet de maints reportages ces dernières années, mentionne ainsi des revendeurs en France et en Algérie.

La SQ ignore combien de systèmes du genre ont pu être vendus sur son territoire, mais réitère qu'il comporte des risques. «En cas d'incendie, les pompiers pourraient être incommodés et devoir retarder leur intervention», illustre Geneviève Bruneau,

Les gens qui ont acheté un tel dispositif en le croyant légal et qui souhaitent maintenant s'en débarrasser peuvent communiquer avec la Centrale de l'information criminelle au 1 800 659-4264.



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