Un propriétaire aux prises avec un couple de locataires mauvais payeurs qui empoisonnait la vie de ses autres locataires a mis près d'un an pour enfin parvenir à le faire expulser de chez lui. Du jamais vu dans le domaine, selon des experts.
Hassan Haddad et Nathalie Hally ont su multiplier les recours, encore et encore, devant les tribunaux, qu'ils ont utilisés à leur avantage durant des mois. Résultat: ils ont pu demeurer dans un logement pendant près d'un an, sans payer, au grand dam du propriétaire.
Celui-ci, Michel Roy, a suivi le processus à la lettre, défrayant les frais de cour, d'avocat et d'huissiers, perdant de nombreuses heures dans les couloirs des tribunaux.
Après plusieurs essais à la Régie du logement, il a dû s'adresser à la Cour du Québec, puis à la Cour supérieure, afin d'avoir raison.
«Je ne suis pas habitué à la violence, dit-il. Mais avoir su que ça prendrait autant de temps, je me serais débrouillé autrement, par moi-même.»
Amadoué par de belles paroles
Le cauchemar de M. Roy a débuté en novembre 2009. L'homme de 70 ans a construit en 1987 le triplex qu'il possède toujours, rue Bellerose, à Longueuil. Il possède aussi un autre immeuble.
Expérimenté, il s'est tout de même laissé amadouer par les belles paroles de ces arnaqueurs en série, sans faire les vérifications d'usage.
Dommage: Hassan Haddad et Nathalie Hally cumulent les poursuites, les condamnations et les jugements contre eux devant la Régie du logement et divers autres tribunaux.
«Il m'a demandé de payer la peinture pour l'appartement, ce que j'ai accepté, dit-il. Mais ils n'ont jamais peinturé mon logement avec!»
De plus, bien que le logement en était un destiné à des «fins résidentielles seulement», le couple a placé des annonces pour y installer une garderie.
Bruits et insultes
De plus, les bruits, les claquages de porte, les cris et les insultes se sont multipliés.
«La police était rendue ici deux à trois fois par semaine», dit M. Roy.
Une mésaventure qui a coûté autour de 20 000$ à M. Roy, en fin de compte, en plus de tous les tracas et tout le stress subi.
De plus, comme il voulait vendre son immeuble, il a dû repousser son projet jusqu'à ce que tous ses problèmes soient réglés et les locataires expulsés.
M. Roy a eu recours aux experts de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) pour être épaulé dans cette saga.
«C'est probablement le pire cas que j'aie vu dans une affaire de procédures judiciaires pour non-paiement de loyer», a commenté Hans Brouillette, directeur des affaires publiques.