Une peine clémente pour Bill Surkis

Pornographie juvénile - Une peine clémente pour Bill Surkis


Jean-Philippe Arcand

Dernière mise à jour: 09-12-2010 | 11h58

MONTRÉAL - Bill Surkis, une figure éminente de la communauté juive montréalaise qui a plaidé coupable à des accusations de possession de pornographie juvénile, a été condamné à une peine de 45 jours de prison jeudi, au palais de justice de Montréal. Il s’agit de la peine minimale d’incarcération prévue au Code criminel pour ce type de délit.

L’homme de 71 ans purgera sa peine pendant 22 fins de semaine consécutives à partir du 11 décembre. Il entrera au pénitencier les samedis à 9 h et devra y demeurer jusqu’au lendemain à 17 h.

En plus de sa peine de prison, il devra compléter 240 heures de travaux communautaires dans un délai de six mois. Il sera également assujetti à une probation de trois ans durant laquelle il lui sera notamment interdit de se trouver en présence de mineurs de moins de 16 ans sans être accompagné d’un adulte responsable.

La Cour du Québec a ainsi entériné la suggestion présentée conjointement par la poursuite et la défense. «Ça nous apparaissait être la chose à faire», a indiqué la procureure, Cynthia Gyenizse, après l’audience.

Fait à noter, la Cour a toutefois refusé d’inscrire le nom de Surkis au registre des délinquants sexuels. Elle n’a pas non plus ordonné la prise d’échantillons d’ADN.

Neuf heures de vidéo

Bill Surkis, ex-doyen du collège John-Abbott et directeur de la section québécoise de l’organisme juif B’nai Brith, a été arrêté en novembre 2008 après qu’il eut amené son ordinateur dans un magasin Best Buy pour des réparations.

Un technicien du commerce a découvert des fichiers de pornographie juvénile dans l’appareil et a aussitôt contacté les policiers.

Après analyse, ceux-ci ont trouvé 21 vidéos totalisant près de neuf heures d’enregistrement. On y voyait des jeunes filles âgées de 6 à 14 ans en train de se livrer à des actes sexuels avec des hommes adultes.

L’accusé a toujours nié avoir une quelconque attirance sexuelle envers les enfants et a expliqué avoir téléchargé ces fichiers simplement par curiosité. Un motif que la juge Lamontagne a qualifié de «questionnable».

Surkis a par la suite dit regretter ses gestes, mentionnant que sa vie professionnelle et familiale avait été détruite. Un rapport présentenciel conclut d’ailleurs que ces remords apparaissent sincères et que l’accusé ne présente qu’un faible risque de récidive.

«Le processus judiciaire semble avoir eu son effet de dissuasion sur l’accusé», peut-on y lire.

Avant de plaider coupable, Bill Surkis n’avait aucun antécédent judiciaire.


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