BROSSARD - Un jeune homme de 18 ans prétend avoir été victime de «racisme, de discrimination et de brutalité policière» après avoir été passé à tabac par quatre policiers de Longueuil lors d’une fête qui se déroulait à la résidence familiale de ce dernier, le 30 août, à Brossard.
«Ils ont sorti leurs matraques. Ils m’ont roué de coups de pied et de coups de poing. J’ai des ecchymoses partout sur les bras et au cou. J’ai de grosses marques sur le visage et j’ai eu des points de suture sur une oreille», raconte Gildardo Bétancourt, photos à l’appui.
L’affrontement entre le jeune homme et les agents se serait produit alors que les représentants des forces de l’ordre ont visité la résidence, située au 2585, rue Acadie, aux environs de 22h, afin de demander aux fêtards de baisser la musique et de cesser de faire du bruit.
Menaces «de citoyenneté»
«J’ai demandé à mes amis de partir puisque je ne voulais pas avoir de trouble avec la police. Sauf, que les policiers sont revenus une deuxième fois en moins de 15 minutes et mes amis s’étaient regroupés un peu plus loin dans la rue. J’ai alors dit aux policiers que ce n’était pas à moi d’éparpiller les gens, mais que c’était leur travail.»
Cette réponse n’aurait pas été bien reçue de la part des agents. «Ils ont sacré après moi et m’ont menacé de me la fermer sinon je ne pourrais recevoir ma citoyenneté canadienne. Ils ont même poussé ma mère qui est venue à ma défense. Elle voulait seulement comprendre pourquoi on me tabassait, elle qui ne parle pas le français.»
Estimant avoir été frappé sans raison apparente «à l’exception que je suis un Latino, un immigrant sans papiers officiels avec le profil parfait d’un membre de gangs de rue», Gildardo Bétancourt croit qu’il a été victime d’un cas de «racisme, de discrimination et de brutalité policière. Après m’avoir cogné, les policiers riaient et me disaient de retourner dans mon pays».
La police se défend
À la police de Longueuil, on donne une tout autre version, sans aller dans les détails puisque le dossier est maintenant devant un tribunal administratif.
«À la suite de plaintes de citoyens pour du bruit, nous sommes intervenus au 2585, rue Acadie, à Brossard. Durant notre intervention, le jeune homme est devenu agressif et des accusations de voies de fait sur des agents de la paix ont été portées contre lui», a répondu Carol Bérubé, responsable des unités des affaires publiques du Service de police de l’agglomération de Longueuil.
Déontologie policière
Assurant être une personne sans histoire, qui compte retourner aux études en octobre, le jeune homme à l’intention de poursuivre au civil les policiers qui l’ont agressé. «Je ne peux fermer les yeux, surtout que je n’ai pas touché aux policiers», assure-t-il.
Il a par ailleurs déjà porté plainte en déontologie policière. «Je suis au Québec depuis trois ans et je veux rester ici. Avec un dossier criminel, il sera presque impossible pour moi de recevoir ma citoyenneté canadienne.»
La police de Longueuil n’a pas été en mesure de préciser si l’adresse des Bétancourt est un endroit connu des forces de l’ordre.