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Québec

Acquitté d’avoir qualifié les policiers de «clowns»

Agence QMI 
Eric Thibault
29/07/2010 20h51 

Québec - Acquitté d’avoir qualifié les policiers de «clowns»
Des policiers montréalais, en septembre 2008, faisaient pression sur le SPVM en portant des pantalons voyants.  
© Agence QMI

QUÉBEC - Il était parfaitement légal, pour quiconque pouvait le penser, de laisser savoir aux policiers de Québec et de Montréal qu’ils avaient « l’air de clowns » avec leurs pantalons de camouflage en guise de moyen de pression.

C’est du moins ce que vient de conclure le juge Paulin Cloutier, de la cour municipale de Québec, qui a acquitté un automobiliste d’avoir insulté ou injurié deux policiers en leur disant qu’ils avaient « l’air de clowns avec leurs culottes de cow-boy à la John Wayne ».

Le 12 septembre 2008, les deux patrouilleurs avaient constaté, en vérifiant la plaque de la Nissan jaune de Claude Fortin, que ce dernier roulait avec un permis de conduire impayé. Le conducteur s’est vu décerner un constat d’infraction de 430 $ et a réagi en lâchant un sacre.

L’un des patrouilleurs lui a alors demandé si le sacre lui était adressé, en ajoutant qu’il pourrait lui coller un autre « ticket » pour avoir injurié un policier en public, en vertu du règlement municipal.

C’est à ce moment que l’automobiliste mécontent les a traités de « zélés », tout en disant qu’ils avaient l’air de « clowns » avec leurs culottes « camo ». Comme ses remarques n’ont pas fait rire les patrouilleurs, le conducteur a ajouté qu’ils étaient « susceptibles »... et il a reçu une deuxième contravention.

Une «opinion», pas une injure

Le juge a tranché que « le justiciable doit être libre d’exprimer une telle opinion » dans les circonstances particulières du moyen de pression exercé par les policiers.

« Les pantalons de camouflage constituent un moyen de pression que les policiers utilisent dans le cadre des négociations de leurs conditions de travail. Cette mesure s’écarte du code vestimentaire des policiers. (...) La personne qui, volontairement et ostensiblement, s’écarte d’une norme pour produire un effet, une réaction, doit accepter de produire une réaction, même si celle-ci n’est pas celle espérée », a affirmé le juge.

Les policiers de Québec (qui les ont portés pendant un an et demi) et de Montréal (qui ont fait de même pendant neuf mois) ont abandonné les pantalons de camouflage en avril 2009.

Et ce, bien que le Conseil des services essentiels ait reconnu qu’ils pouvaient utiliser ce moyen de pression. Les deux groupes de syndiqués sont toujours sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2006.



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