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Enquête sur la mort de Fredy Villanueva

L’agent Lapointe avait planifié son intervention, selon Bayron Clavasquin

Agence QMI 
Sarah-Maude Lefebvre
26/07/2010 17h35 

Enquête sur la mort de Fredy Villanueva - L’agent Lapointe avait planifié son intervention, selon Bayron Clavasquin
Bayron Clavasquin, ami et cousin de Fredy Villanueva. 
© Agence QMI

MONTRÉAL - Bayron Clavasquin a affirmé, lundi, que lorsqu’il a croisé l’agent Jean-Loup Lapointe quelques minutes avant la fusillade qui a coûté la vie à Fredy Villanueva le 9 août 2008, l’agent portait déjà les gants de cuir utilisés par les policiers pour des interventions physiques.

Clavasquin, ami et cousin de Fredy Villanueva, a raconté au coroner Perreault qu’il avait rencontré les agents Stéphanie Pilotte et Jean-Loup Lapointe dans une ruelle, seulement quelques instants avant qu’ils ne se dirigent vers le parc de Montréal-Nord où est survenu le drame.

«J’ai eu une conversation d’environ une minute avec le policier (Lapointe). Il avait déjà mis ses gants et la policière était en train de mettre les siens (…) Ils s’apprêtaient à faire quelque chose, ils n’ont pas mis ça pour rien», a-t-il affirmé.

Moins de cinq minutes après cette rencontre, Bayron Clavasquin a entendu des détonations et aurait alors vu Denis Méas, qui a été blessé lors des incidents, courir vers lui en lui disant: «il y a eu des coups de feu. Ton frère (Anthony) et ta tante (Lilibeth Padilla Guerra) sont là-bas».

Clavasquin s’est alors rendu sur les lieux, quelques mètres plus loin, et a aperçu le «corps» de Freddy «par terre». «J’ai pris la tête de Fredy dans mes bras. Martha, elle, essayait de voir s’il saignait. Je n’ai pas eu de doutes sur ce qui s’est passé», a-t-il relaté.

Le B des Bloods ou le «B parfait»?

À la suite de ce récit, l’avocat de la Ville de Montréal, Me Pierre-Yves Boisvert, a longtemps questionné le témoin sur sa connaissance du monde des gangs de rue.

Bayron Clavasquin a affirmé ne pas reconnaître le signe de la main qui caractérise le gang de rue des Bloods, soit la lettre B effectuée à l’aide du pouce et de l’index. Selon lui, ce signe sert seulement à illustrer le contentement, c’est un «B parfait».

Visiblement surpris par cette réponse, Me Boisvert lui a ensuite exhibé une photo de son cousin, Daniel Artiga, photographié par un policier alors qu’il affichait le signe des Bloods. «Votre petit cousin Daniel Artiga fait lui aussi le signe de la perfection?», a-t-il demandé à M. Clavasquin.

«Vous me demandez si mon cousin est lui aussi parfait? C’est lui qui le sait», a répliqué le témoin.

Le contre-interrogatoire de Bayron Clavasquin a d’ailleurs été interrompu en après-midi par un vaste débat entre les différents avocats au dossier, qui est frappé d’une interdiction de publication. Le coroner Perreault devrait rendre sa décision à ce sujet mardi, avant la reprise de l’interrogatoire de Bayron Clavasquin.



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