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À la une

30 minutes sans surveillance

Marc Pigeon
Le Journal de Montréal
10/06/2010 06h14 

À la une - 30 minutes sans surveillance
Le drame qui a coûté la vie à un poupon de 21 jours s’est joué dans un appartement de Saint-Barnabé-Sud, en Montérégie. 
© Photo D'Archives

La mère du bébé attaqué par un Husky aurait abandonné son poupon pendant une période aussi longue que 20 à 30 minutes, avec deux chiens en liberté dans l'appartement, a appris le Journal.

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«Les chiens ne démontrent aucune agressivité»

Selon les informations qui circulaient depuis mardi dans cette terrible affaire, il semblait que la mère n'était sortie qu'une minute sur le balcon, sans même refermer la porte, le temps de fumer une cigarette avec la grand-mère.

Bien qu'il ne se soit pas trouvé sur place au moment du drame, le père du bébé avançait cette version à sa sortie du palais de justice, devant plusieurs journalistes.

Mais selon ce que le Journal a appris, il en serait tout autrement. La jeune mère de 17 ans et sa mère se seraient plutôt rendues sur le terrain pour discuter et observer les fleurs et les plantes, pendant de longues minutes. Entre 20 et 30 minutes, selon une source fiable.

C'est à leur retour qu'elles ont découvert l'affreux drame qui s'était joué à la cuisine : le poupon de 21 jours, laissé dans un siège, sur le plancher, avait été assailli par un des chiens, probablement la femelle. La mort était évidente.

Jamais les menottes n'ont été utilisées

Les deux femmes ont été amenées à l'hôpital. La jeune mère de 17 ans a pu y rencontrer un travailleur social.

C'est là que les policiers menant leur enquête se sont rendus. Avant de questionner les deux femmes, selon nos sources, les détectives se sont enquis de leur état d'esprit auprès du médecin. À la lumière de ses indications, ils ont choisi de les interroger, puisqu'elles avaient obtenu leur congé.

Les deux femmes ont été amenées au poste de police pour des interrogatoires vidéo : l'une à Boucherville, l'autre à Saint- Hyacinthe. Jamais les menottes n'ont été utilisées par les policiers dans cette affaire, affirme une source bien au fait du dossier.

Contrairement à ce qui a été véhiculé, les interrogatoires ont duré entre deux et trois heures et auraient pris fin vers 4 h du matin. La jeune mère aurait refusé la présence de son avocat ou d'un parent, lorsque cette possibilité lui a été offerte.

Les policiers ont le pouvoir discrétionnaire de détenir un suspect jusqu'à sa comparution, mais ont aussi le loisir de le remettre en liberté après lui avoir fait signer une promesse de comparaître à une date ultérieure, avec des conditions à respecter, au besoin.

Selon nos informations, les détectives avaient l'intention de la libérer après l'interrogatoire.

Procureur-conseil consulté

Pour plus d'assurance, les détectives ont fait appel à un procureur du bureau des services-conseils, disponible 24 heures par jour. C'est cet avocat de la Direction des poursuites criminelles et pénales qui aurait demandé à ce que l'adolescente soit gardée en détention jusqu'à sa comparution, prévue mardi.

La mère et la fille ont donc été gardées dans des salles de transition de la police jusqu'à leur transport à l'hôpital.

On sait que toutes deux ont été libérées en après-midi, la grand-mère sans accusation, la mère accusée d'homicide involontaire.

Par ailleurs, refusant de raconter les faits entourant la mort de son enfant, la jeune mère de famille a dénoncé les conditions dans lesquelles on l'a placée, dans une entrevue à TVA, hier.

«Ça a été très dur parce qu'ils m'ont mise en cellule, j'ai pas eu le temps de dire rien, pas eu le temps de faire mon deuil», a dit celle qui dit être habitée par la colère et la culpabilité.

Pointée du doigt pour ses façons de faire depuis deux jours, la Sûreté du Québec s'est montrée discrète, hier. Invoquant que l'affaire est devant les tribunaux, la police a préféré s'en remettre à la justice pour juger de son travail.





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