Moisson Montréal nourrit plus d'enfants qu'avant

Pauvreté - Moisson Montréal nourrit plus d'enfants qu'avant

À Moisson Montréal, les bénévoles ne suffisent pas à remplir les commandes quotidiennes.Photo: Archives 24H


Reine Coté

MONTRÉAL - Depuis deux ans, le nombre d’enfants démunis s’est accru sur l’île de Montréal, représentant pas moins de 34% de la clientèle de Moisson Montréal.

À la veille de la Journée internationale de l’enfant, le 1er juin, la direction de Moisson Montréal dresse un constat désolant de la pauvreté des enfants.

Moisson Montréal a constaté que les 211 organismes qu’elle dessert ont reçu davantage d’enfants en 2008 et en 2009 qu’auparavant. Parmi les 115 467 bénéficiaires de leurs banques alimentaires, au moins 39 605 étaient des enfants.

La situation ne surprend guère la directrice générale de Moisson Montréal, Johanne Théroux, qui constate que les 3 000 nouveaux clients enregistrés en 2009 étaient essentiellement des jeunes de moins de 18 ans.

La conjoncture socio-économique des deux dernières années expliquerait, selon elle, cette pauvreté. «Il y a de plus en plus de familles qui viennent cogner aux portes des organismes d’entraide. Beaucoup de gens ont perdu leur emploi, le prix de l’essence a augmenté et les aliments ont connu une flambée des prix. Tout cela a eu un impact pour de nombreuses familles», explique Mme Théroux.

«Avec tout ce que les gens doivent sortir directement de leur porte-monnaie, ils leur en restent moins pour l’épicerie», poursuit-elle, en ajoutant que le nombre insuffisant de bénévoles au tri leur fait perdre une quantité considérable de denrées.

Johanne Théroux croît que les chiffres ne varieront pas beaucoup pour l’année en cours, puisque les organismes ne parviennent toujours pas à répondre à la demande. Elle s’en désole d’autant plus que le centre de distribution reçoit moins de denrées qu’auparavant.

Le contexte économique difficile en 2008-09 aurait amené certains donateurs à diminuer leurs dons et d’autres à y renoncer. Le résultat: un demi-million de kilos de denrées en moins est parvenu au centre de distribution de Moisson Montréal, l’an dernier.

Pauvreté accrue chez les moins de six ans

D’après le recensement de 2006 de Statistique Canada, un enfant de moins de six ans sur cinq vit dans la pauvreté, tandis que c’est un sur sept dans l’ensemble du Québec.

Statistique Canada établit le seuil de pauvreté pour un couple de travailleurs avec enfant à 34 738 $ après impôts et à 22 232 $ pour un ménage avec enfants vivant de l’aide sociale. Ces familles sont considérées «pauvres», car elles consacrent plus de 62% de leur revenu à se nourrir, se loger et à se vêtir.

Selon les données de Centraide, les quartiers de Parc-Extension et de Petite Bourgogne demeurent ceux affichant le haut taux de personnes à faible revenu sur l’île de Montréal avec 41%, suivi par le centre-ville, avec 39%, et les quartiers de Pointe-Saint-Charles et Centre-Sud, où 38% des résidents vivent dans des conditions économiques précaires. Le quartier Hochelaga-Maisonneuve arrive au 6e rang avec 36%.


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