L'ISLE-AUX-COUDRES - Un feu dans une tourbière qui s'est rapidement transformé en incendie de forêt a forcé l'évacuation de 45 résidences de L'Isle-aux-Coudres, dimanche, nécessitant l'intervention de trois avions-citernes de la SOPFEU, la Société de protection contre les incendies de forêts.
«À trois heures (de l'après-midi), tu ne voyais plus le bout de l'île», a raconté Germain Desmeules, rencontré sur le traversier qui mène à l’île.
«Il y a avait du monde qui regardait ça de Baie-Saint-Paul, c'était très, très intense», a, pour sa part, indiqué une autre insulaire, Johanne Gobeil.
L'incendie a d'abord pris naissance dans la cabine d'un tracteur de la tourbière Pearl, vers 14 h 45, dans le secteur La Baleine, situé dans l’est de L'Isle-aux-Coudres.
Il faisait beau et chaud, dimanche, dans le secteur malgré de forts venant du sud-ouest. L'indice de danger d'incendie indiquant «élevé», sur un panneau routier.
Tout cela explique en bonne partie pourquoi le feu a pu se propager très rapidement dans les sols de la tourbière, puis éventuellement, vers un secteur boisé.
Perte de contrôle
«Le temps qu'on fasse l'installation, on avait déjà perdu le contrôle», a expliqué Gilbert Dufour, chef des pompiers de L'Isle-aux-Coudres.
Il était 15 h 30 lorsque le maire de L'Isle-aux-Coudres, Dominic Tremblay, a été informé de l'incendie à la tourbière. «À 16 h 15, on mettait en place les mesures d'urgence», a souligné le maire Tremblay.
En raison de l'immense panache de fumée, les occupants d'une quarantaine de résidences situées à proximité de la zone incendiée ont été évacués par mesure préventive.
Au même moment, un premier avion-citerne de la SOPFEU survolait la zone incendiée afin de donner au coup de main à la vingtaine de pompiers locaux qui combattait au sol.
Deux avions-citernes supplémentaires ont été appelés en renfort en provenance de Roberval et Baie-Comeau. Leur intervention a permis de contrôler la situation.
Les trois appareils ont quitté le ciel de l'île vers 19 h 45.
Une équipe de trois sapeurs de la SOPFEU a aussi été déployée au sol pour surveiller la situation durant la nuit. La SOPFEU a prévu qu’une vingtaine d’autres s’affaireront aussi sur le terrain très tôt lundi matin.
Vers 20 h 30, dimanche soir, on a pu apercevoir des flammes ressurgir du boisé, ce qui laisse présager que le travail est loin d'être terminé.
«Ça fume encore, c'est bien dur à éteindre, ce n'est pas évident», a laissé entendre le maire Dominic Tremblay.
Pour ce qui est des résidents évacués, ils ont pu retrouver leurs domiciles en fin de soirée.