Le réseau routier inadéquat selon De Koninck

Quatre cyclistes décédés - Le réseau routier inadéquat selon De Koninck

Le président de la Table québécoise de la sécurité routière, Jean-Marie De Koninck, recommande à Québec de «redonner la route aux piétons et aux vélos».© Agence QMI / Jean-Francois Desgagnes


Sarah-Maude Lefebvre

MONTRÉAL - À la suite d’une fin de semaine particulièrement meurtrière où quatre cyclistes ont perdu la vie dans des circonstances troublantes, le président de la Table québécoise de la sécurité routière, Jean-Marie De Koninck recommande à Québec de «redonner la route aux piétons et aux vélos», alléguant que les infrastructures actuelles n’encouragent pas le partage de la route. Texte Après le violent accident qui a coûté la vie à trois femmes et qui en a blessé deux autres sur la route 112 à Rougemont, jeudi dernier, un autre cycliste a été happé mortellement samedi soir par une automobile à Val-Morin, dans les Laurentides. La conductrice du véhicule devrait d’ailleurs être accusée de conduite avec facultés affaiblies ayant causé la mort. « Redonner la route aux vélos »

Selon le président de la Table québécoise de la sécurité routière, Jean-Marie De Koninck, la seule solution possible pour stopper cette augmentation du nombre d’accidents impliquant des cyclistes est de «redonner la route aux cyclistes et aux piétons». Actuellement, selon lui, l’infrastructure routière au Québec est davantage conçue pour les automobiles que pour les modes de transport alternatifs.

«C’était d’ailleurs une de nos recommandations dans notre deuxième rapport de la Table de sécurité routière. Il faut s’y faire, il y aura de plus en plus de cyclistes sur nos routes dans les prochaines années pour des raisons de santé et écologiques», commente ce dernier.

Inquiétude à Sports-Québec


«C’est vraiment inquiétant ce qui se passe actuellement. Quatre morts en un si court laps de temps, c’est particulier», lance également Raymond Côté, le président de Sports-Québec.

Ce dernier craint d’ailleurs que ces accidents aient un impact négatif sur la pratique de ce sport.

«Du moment qu’il commence à avoir des accidents, ça rend les gens plus nerveux. Disons que ce n’est pas le message qu’on veut envoyer à la population à propos de cette pratique sportive», affirme-t-il.


«Ce n’est pas l’hécatombe»



 Cette inquiétude est également partagée par la présidente de Vélo Québec, Suzanne Lareau, qui a tenu à préciser dimanche sur les ondes de LCN que ce n’était pas «l’hécatombe sur les routes», même s’il y a encore «beaucoup à faire» au niveau du partage de la route entre conducteurs et cyclistes.

Pourtant, les chiffres démontrent que le nombre de cyclistes qui meurent sur les routes est en progression au Québec. Selon le bilan 2009 de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), quatre décès de cyclistes de plus ont été relevés en 2009 comparativement à l’année précédente.

En effet, 16 personnes ont perdu la vie en pratiquant ce sport l’an dernier, alors que la moyenne de décès variait de 12 à 20 depuis 2004.

Aussi, 2102 personnes ont été victimes d’un accident de vélo en 2009, soit une augmentation de 1,8 % comparativement à 2008.

Le Service de police de la Ville de Montréal dévoilera lundi sa campagne annuelle visant à encourager les cyclistes à faire preuve de prudence sur les routes.


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