«C'est plus que d'habitude», convient-on chez Québec-Transplant. En fait, il n'y a qu'en 2002 qu'on a connu plus de morts en attente d'organes, avec un total de 62.
Pour Louise Aubé, la mère d'Isabelle, plusieurs de ces morts pourraient être évitées s'il y avait plus de dons d'organes. «Trois semaines avant son décès, elle était très angoissée. Elle savait que ça s'en venait», raconte la dame qui habite Saint-Gédéon au Lac-Saint-Jean.
En un mois, l'an dernier, quatre personnes originaires de cette région, comme sa fille, sont mortes faute de poumons disponibles.
Isabelle souffrait de fibrose kystique diagnostiquée alors qu'elle n'avait que trois semaines. «Depuis qu'elle avait 10 ou 12 ans, elle savait que quand ce serait le temps, elle allait avoir besoin de poumons», raconte sa mère, émue.
Séparée de son fils
La jeune femme avait tellement une grande foi dans cette solution qu'elle a adopté le petit Gabriel. Puis, peu à peu son état s'est dégradé au point où elle a dû laisser la garde de son petit trésor âgé de huit ans à son ex-conjoint. Elle a également dû quitter son emploi.
«Ça a été un véritable drame pour elle. Tout était devenu plus difficile. Elle devait prendre son auto pour venir chez nous, même si on habitait à quelques centaines de mètres», dit Louise Aubé.
En juin 2008, elle a finalement été placée sur la liste d'attente pour une greffe après avoir insisté auprès de son médecin traitant à Chicoutimi. Elle n'avait alors que 30 % de sa fonction pulmonaire.
Or, la greffe n'est jamais venue puisqu'il y avait 19 personnes avec le même groupe sanguin devant elle. À l'automne, sa situation s'est dégradée au point où elle a dû être hospitalisée.
Déménagement à Montréal
Consciente qu'il s'agissait de sa dernière chance de survie, elle a passé les trois derniers mois de sa vie à l'Hôtel-Dieu du CHUM dans l'espoir de recevoir le précieux coup de fil.
Dans une lettre adressée à ses proches, elle disait vouloir se battre jusqu'à la fin. Cette fin, elle est venue le 13 mars. «Elle voulait tellement. Si elle avait eu ses poumons en septembre (2008), c'est certain qu'elle serait parmi nous», dit sa mère qui veut maintenant se battre pour promouvoir le don d'organes.
Elle a également une autre raison de vouloir que ça change. Son neveu âgé de 30 ans souffre lui aussi de la fibrose kystique et devrait avoir besoin d'une greffe lui aussi. «Je n'aimerais pas qu'il passe par là lui aussi.»