QUÉBEC - Après quatre mois d'ajournement, le procès d'Eugène Godbout, accusé d'abus sexuels et de gestes de violence particulièrement répugnants, a repris lundi avec les témoignages de sa conjointe et d'une de ses filles, qui ont cherché à le disculper.
«Je sais que c'est quelqu'un qui ne ment pas. Moi, ce qui m'intéresse, c'est la vérité», a déclaré Cécile Noël, en affirmant n'avoir jamais été témoin de quelque acte de violence qu'aurait pu commettre le menuisier de Saint-Damien-de-Buckland, avec qui elle est mariée depuis plus de six ans.
Elle a dit croire, devant la juge Marie-Claude Gilbert, que les «allégations d'abus» dénoncées par les quatre présumées victimes de l'homme de 63 ans avaient été «inventées» pour des raisons de vengeance.
«Il a toujours été correct avec moi», a-t-elle mentionné lorsque interrogée par l'avocat de la défense, Me Denis Richard. Elle a mis en doute les abus dénoncés par une des filles de l'accusé, Nancy Godbout (qui s'est enlevé la vie un mois après avoir témoigné à l'enquête préliminaire de son père, à l'automne 2008), en jurant qu'elle avait vu cette dernière en train d'essayer de «frencher» son époux.
Questions délicates
Les questions de la procureure de la poursuite l'ont toutefois placée sur la défensive. Notamment lorsque Me Nadine Dubois lui a demandé si elle savait qu'Eugène Godbout, durant une union précédente, avait couché avec sa belle-fille alors que celle-ci était mineure. Ou si elle savait que le jour où la conjointe précédente d'Eugène Godbout - qui est la sœur de Mme Noël - a quitté l'accusé, elle s'est retrouvée dans un refuge pour femmes battues. Ou encore en lui faisant admettre qu'elle avait eu des «rapports intimes» avec l'accusé alors que ce dernier était encore marié avec sa sœur.
«Ils étaient séparés», a-t-elle répondu. «Votre sœur est au courant?», a demandé la procureure. «Elle me l'a jamais demandé et je lui ai jamais confirmé», a précisé le témoin.
Eugène Godbout a également vu une de ses filles (née d'une union précédente), d'âge mineur, venir témoigner pour sa défense. L'adolescente a admis avoir souvent entendu ses parents «se crier après» mais n'a jamais vu l'accusé user de violence. «Sauf des petites tapes quand on n'écoutait pas.»
Le procès du sexagénaire avait été ajourné après deux semaines d'audience, en octobre dernier, en raison de conflits d'horaire des parties en présence. Un expert en psychiatrie qui a rencontré l'accusé doit notamment témoigner pour la défense, mercredi.