MONTRÉAL - Depuis dimanche, cinq étudiants universitaires vivent volontairement l’expérience de l’itinérance à Montréal afin de se mettre dans la peau des jeunes sans-abris et d’amasser ainsi 35 000$ pour renflouer les coffres de l’organisme Dans la rue.
Après une seule nuit, les cinq compères ayant élu domicile sur le trottoir devant le 1455, boulevard de Maisonneuve, avaient déjà amassé 5 000$. Il leur faudra toutefois tenir le coup jusqu’à vendredi 19 mars, à 17 h.
D’ici là, ils devront assister à leurs cours, faire leurs travaux et dormir à la belle étoile devant l’entrée de l’Université Concordia. Ils seront privés de leur douche quotidienne et n’auront pour toute nourriture que celle qui leur sera offerte par les passants.
C’est la troisième année que des étudiants de l’Université Concordia organisent cette originale levée de fonds de cinq jours. Cette année, quelques condisciples de HEC Montréal les épaulent dans leurs efforts.
Nuit froide
Dimanche soir, Timothy Knight, Josh Redler, Kristina Partsinevelos, Thomas Prince et Hussein Damlaj ont passé leur première nuit à la belle étoile, au cœur du centre-ville, bercés par le bruit des fêtards qui n’en finissaient plus d’étirer la Saint-Patrick.
Bien qu’il possède un sac de couchage chaud, Josh Redler n’a pas beaucoup dormi. «C’était froid avec la pluie qui tombait et le bavardage des passants m’a empêché de dormir», a-t-il déclaré.
«J’étais installé par terre dans un sac de couchage, mais je n’ai pas vraiment dormi, il y avait trop de bruit», rapporte le porte-parole Timothy Knight, un étudiant en Finances de Concordia qui participe, pour sa part, à sa deuxième campagne pour les sans-abris.
Ce dernier estime essentiel d’appuyer le travail des organismes œuvrant auprès des jeunes. Son frère, qui souffre de schizophrénie, s’est retrouvé dans la rue à 16 ans. «C’est grâce aux organismes qui l’ont aidé qu’il va mieux aujourd’hui», souligne-t-il.
Isolement et ignorance
La rue sert de refuge à bien des jeunes en difficultés qui ne savent pas trop où aller, indique Timothy Knight. «Certains jeunes ne savent pas qu’il existe des ressources pour eux ni comment remplir une demande d’aide sociale. Ils ont besoin qu’on les aide», soutient-il.
Il faudrait davantage de centres d’hébergement, fait remarquer l’étudiant qui, après avoir rencontré plusieurs sans-abris au centre de Pop’s, a constaté qu’ils se sentent souvent isolés et souffrent de solitude. «Ils ne recherchent pas nécessairement de l’argent. Ils désirent qu’on leur dise bonjour ou qu’on leur parle», a remarqué le porte-parole de Cinq jours dans la rue. Il y aurait 30 000 sans-abris sur l’île de Montréal.