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Aviation

Des balises qui auraient pu leur sauver la vie

Dany Doucet
14/03/2010 10h12 

Aviation - Des balises qui auraient pu leur sauver la vie
Jocelyn St-Martin montre les fils qui sont maintenant beaucoup plus visibles. 
© Dany Doucet

Si les fils électriques qui traversent la rivière Yamaska avaient été balisés comme ils le sont aujourd'hui, il est très probable que l'élève-pilote Ana Maria Preda et son instructeur de vol les auraient vus à temps et n'auraient pas trouvé la mort dans l'écrasement d'un Cessna survenu en mai 2009, à Saint-Louis, près de Sorel.

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En effet, ces fils de la compagnie de téléphone Télébec sont désormais visibles de loin grâce aux balises blanches et rouges qu'on y a suspendu.

De plus, les poteaux de téléphone ont été dégagés de la végétation qui les rendait carrément invisibles.

Télébec a donc changé d'idée, car dans les jours suivant cet écrasement tragique, les fils avaient été réinstallés comme ils l'étaient au moment de l'accident.

Un résident riverain, Jocelyn St-Martin, de même que Nicolae Preda, père d'Ana Maria, trouvaient toutefois cette décision inacceptable.

«Je suis allé directement à la municipalité pour qu'on porte plainte. Le lendemain, j'ai vu par hasard un technicien de Télébec sur les lieux et je lui ai dit que le voisinage pensait faire un recours collectif si ça ne bougeait pas, parce que d'autres avions avaient été aperçus près des fils», raconte M. St-Martin, lui-même un ancien mécanicien aéronautique.

Comme par magie, les balises sont apparues quelques jours plus tard et la végétation dissimulant les poteaux de téléphone dans le paysage a été éclaircie.

Même pour les outardes

«C'était un vrai piège, reprend M. St-Martin. Pour vous dire, j'ai vu plus d'une fois des outardes heurter les fils en vol. Si elles ne les voyaient pas, imaginez un pilote!»

Cela dit, on s'explique toujours mal pourquoi le Cessna 150 d'instruction, petit monomoteur biplace sur roues, s'est retrouvé au-dessus de l'eau à si basse altitude.

Lorsque des avions d'instruction descendent aussi bas en zone agricole, c'est normalement pour pratiquer des atterrissages de précaution au-dessus des champs, avec remise des gaz avant de toucher au sol. Il n'y a aucun autre exercice de vol prévoyant un survol de l'eau à basse altitude.

Ana Maria Preda, 21 ans, en était à son troisième vol seulement. Elle travaillait comme agent de bord chez Sunwing. Elle suivait les traces de son père, ancien pilote professionnel et instructeur cumulant des milliers d'heures de vol.

Français d'origine, Raphaël Mazué, 35 ans, instructeur de vol chez Air Richelieu, est aussi décédé lors de cet accident.

* Le rapport d'enquête du Bureau de la sécurité dans les transports (BST) est terminé. Il sera révisé, traduit et rendu public sous peu. L'enquêteur Gayle Conners avait déjà indiqué au Journal qu'aucune anomalie mécanique n'avait été détectée.





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