SEPT-ÎLES - Les deux agents d’affaires de la FTQ, Bernard Gauthier et Michel Bezeau, nient les accusations d'intimidation sur le chantier Romaine. Les deux hommes affirment être victimes d'un complot.
Ils expliquent que les entrepreneurs contactent la FTQ pour qu’elle leur recommande des travailleurs. Le syndicat regroupe plus de 600 employés de la construction dans la région, soit environ 80% de la main-d'œuvre compétente. Gauthier et Bezeau soulignent que ceux qui les ont critiqués dans les médias ont acquis une mauvaise réputation auprès des entrepreneurs en raison de leurs problèmes personnels. Ces individus auraient utilisé l’émission Enquête de Radio-Canada pour salir la réputation de la FTQ.
Rambo commente
«Il n'y a pas d'intimidation ici. Premièrement, la police est capable de faire sa job. S'il y en avait, on en entendrait parler. Hydro-Québec a les moyens de s'arranger pour qu'il n'y ait pas de violence sur les chantiers. Ça été inventé de toutes pièces», affirme Bernard Gauthier.
L’ancien militaire a été surnommé Rambo dans le milieu. Il avoue que le ton monte parfois sur les chantiers, mais nie l’existence de menaces et d’intimidation.
Le représentant syndical affirme être victime d'une vendetta de la part de la CSN. «Je m'attendais à ce que ça arrive un jour. Moi, si j’ai un dossier, je ne peux plus travailler. C'est pour ça que la CSN me tend des pièges depuis six ans. Ça fait six ans que je me promène avec au moins un gars à côté de moi pour être sûr de ne pas me faire piéger.»
Il se dit être prêt à collaborer avec la police et n'avoir rien à se reprocher. Il encourage les travailleurs victimes de violence ou d'intimidation à dénoncer ces actes aux autorités.
«Je garantis la main-d'œuvre aux entrepreneurs, donc je n'ai pas le choix, les gars qui sont alcooliques, qui ont des problèmes de drogues ou d'attitude, on les ne prend pas. Les entrepreneurs sont contents de ça. Je ne favorise personne. Tous les ans, je donne du travail à du monde de la CSN.»
Bezeau poursuit
Michel Bezeau confirme qu’il poursuit Radio-Canada pour les accusations de vente de drogue sur la base d’une entrevue avec un cagoulard. «Ma réputation et celle de ma famille sont en cause. Je n’ai jamais eu la visite d’un policier concernant la drogue. Quelqu’un se sert de la télévision pour régler des comptes personnels. Il n’existe aucune accusation criminelle contre moi. C’est gratuit et sans preuve», déclare Michel Bezeau du local AMI responsable des manœuvres.
«On fait notre job dans le domaine de la construction. C’est de répondre aux entrepreneurs qui nous demandent de leur référer de la main-d'œuvre compétente. On fonctionne selon l’expérience et les qualifications de chaque travailleur», explique monsieur Bezeau.
«Ce sont les plus qualifiés qui arrivent les premiers sur les chantiers. Il n’y a pas de gang, de discrimination ou d’intimidation. J’ai placé plus de 350 personnes sur des chantiers cette année. Ça commence à faire une grosse gang», de dire Bernard Gauthier en réponse à ceux qui prétendent à du favoritisme.
«Jamais je n’ai accepté de l’argent d’un travailleur pour qu’il accède à un chantier. Ça ne marche pas ainsi. Certains m’ont déjà offert de l’argent et j’ai convenu avec eu d’un don au club social», ajoute Michel Bezeau.
Les deux agents de la FTQ construction affirment être équitables avec tous les travailleurs, qu'ils soient syndiqués avec la CSN, qu'ils soient amérindiens ou anglophones. Ils étaient heureux de l’appui que leur accordent les dirigeants de la FTQ. Michel Arsenault, directeur général de la centrale syndicale, a accordé l’absolution à ses hommes de la Côte-Nord.
La voix chargée d'émotion, M. Gauthier affirme être épuisé. Il s'inquiète des conséquences pour sa famille. «J'ai un petit gars de 13 ans. Qu'est-ce que tu penses que ça lui fait? J'espère juste qu'il ne se fera pas écœurer à l'école.»