La permission qu’a eue Jean-Loup Lapointe de porter une arme à feu en tout temps est valide partout, même au Palais de justice de Montréal.
Le policier a en effet avoué vendredi qu’il a une arme sur lui depuis le début de son témoignage, qui est en maintenant à sa dixième journée.
L’agent a fait cette révélation surprenante alors qu’il était questionné par l’avocat d’un des jeunes blessés dans l’incident du 9 août 2008 à Montréal-Nord, Me René Saint-Léger, dans le cadre de l’enquête du coroner André Perreault sur la mort de Fredy Villanueva.
Lapointe a expliqué précédemment qu’il avait voulu récupérer son pistolet parce qu’il craignait pour sa sécurité, s’estimant victime de menaces.
Pourtant, depuis sa première présence aux audiences de l’enquête alors que sa partenaire Stéphanie Pilotte était à la barre des témoins, le policier est entouré de plusieurs gardes du corps qui se chargent de l’escorter dans tous ses déplacements. Idem pour la policière Pilotte.
De plus, les constables spéciaux du Palais de justice procèdent à une fouille méticuleuse de tous ceux qui viennent assister aux audiences. Ils inspectent notamment chaque personne au détecteur de métal avant leur entrée dans la salle.
Rectifier le tir
Par ailleurs, l’agent Lapointe a admis s’être trompé de date lorsqu’il a relaté les circonstances qui l’ont mené à présenter une requête pour ravoir son arme de service.
Rappelons que dans son témoignage de jeudi, le policier a affirmé être revenu au travail à la mi-septembre 2008 et avoir fait sa demande dès le lendemain auprès de ses supérieurs.
Questionné à savoir pourquoi il tenait à avoir son arme en permanence, Lapointe a indiqué devant le coroner que deux proches de Fredy Villanueva, Anthony Clavasquin et Jonathan Senatus, avaient tenu des propos menaçants à son endroit lorsqu’ils ont été arrêtés en possession d’une arme de calibre militaire, ce qui le faisait craindre pour sa sécurité.
Or, cette arrestation est survenue le 5 octobre 2008, soit plus de deux semaines après la date alléguée par le policier Lapointe.
Vendredi, ce dernier a corrigé sa version des faits en expliquant qu’il avait eu l’autorisation de porter son arme en tout temps le 8 octobre, trois jours après l’événement.
Auparavant, il pouvait uniquement la posséder dans le cadre de son travail, entre autres pour prendre part à des entraînements au tir.
Après avoir reçu une autorisation médicale, Lapointe a eu la permission demandée. Celle-ci a été renouvelée périodiquement jusqu’à ce jour.
Jean-Loup Lapointe poursuivra son témoignage cet après-midi. Le coroner Perreault a d’ailleurs libéré Dany Villanueva pour le reste de la journée, ce qui signifie qu’il n’aura pas à témoigner aujourd’hui.