«Je n’ai jamais fait de menaces, je n’ai pas besoin de faire ça», a répété le représentant du local 791 des opérateurs de machinerie lourde à Sept-Îles, affilié à la FTQ-Construction.
Bernard Gauthier, qui doit rencontre la presse à Sept-Iles vendredi après-midi, s'est défendu après que des travailleurs se sont plaints de discrimination et d’intimidation. Plusieurs employés ont par ailleurs indiqué sous le couvert de l’anonymat avoir été contraints d’«entrer dans les rangs» pour conserver leur emploi.
Questionné sur LCN à propos d’un échange téléphonique enregistré à son insu dans lequel il prévient son interlocuteur de garder le silence sans quoi il allait le frapper, celui que les syndiqués surnomment «Rambo» a jugé que les propos avaient été pris hors de leur contexte.
«La conversation a été prise hors contexte, s’est-il désolé. Ça pouvait vouloir dire aussi que j’allais le poursuivre.» Selon lui, son surnom et sa carrure n’ont pas aidé sa cause.
«Ce sont les médias qui m’ont qualifié "d'homme fort"», a souligné M. Gauthier à LCN, ajoutant qu’il était d’abord et avant tout un «gars d’équipe» soucieux de la santé et du bien-être de ses ouvriers.
Bernard Gauthier a été formel: jamais il n’a été, dans le cadre de ses fonctions de représentant pour la FTQ-Construction, l’objet d’une enquête policière pour des allégations de violence. Il a admis par contre qu’un entrepreneur de la Côte-Nord a déjà porté plainte contre lui, sans en détailler les circonstances.
Employeurs satisfaits, employés terrifiés
De l’avis de travailleurs sillonnant les chantiers de la Côte-Nord, Bernard Gauthier a instauré un «régime de terreur» où il s’est accaparé le contrôle de l’embauche et du placement.
Des déclarations sans fondement, a lancé le chef du local 791. «Les pères de famille de la Côte-Nord ont tous le droit de travailler», a-t-il dit sur les ondes de LCN, ajoutant que des travailleurs de toute appartenance syndicale étaient au travail sur la Côte-Nord.
Il a aussi avoué que des employés ont été renvoyés, mais, dit-il, cela n’avait rien à voir avec leur affiliation. «Je leur ai dit d’aller se perfectionner et de suivre des thérapies parce qu’il y en a qui avait des problèmes d’alcool et de drogue», a-t-il nuancé.
Le chef syndical a reconnu que de nombreux employeurs l’approchaient pour combler leurs besoins en main-d’œuvre, qu’il s’agissait d’une pratique régulière.
«On leur garantit une main-d’œuvre qualifiée et fiable», s’est-il défendu à LCN. Dans la mesure du possible, le travail est donné aux gens de la région, a précisé Bernard Gauthier, même si «ça ne se fait pas toujours dans la délicatesse (pour les employés de l’extérieur)».
Selon M. Gauthier, les employeurs sont libres ou non de transiger par le local 791. S’ils le font, c’est qu’ils sont satisfaits du service, selon lui. «Je leur garantis la meilleure main-d’œuvre possible pour (qu’ils) rentrent dans leur échéancier et dans leurs budgets.»
Vendredi, le président de la FTQ, Michel Arsenault, a indiqué par voie de communiqué que la «paix industrielle» régnait sur les chantiers de la Côte-Nord et que son organisation ne tolèrerait pas les «comportements répréhensibles».