Il a notamment déclaré qu’il avait été menacé, battu et séquestré par trois proches des Hells, armés, à qui il devait plusieurs milliers de dollars.
C’est ainsi qu’il a été amené à témoigner au palais de justice de Montréal, en novembre 1999, pour incriminer Robert « Bob » Savard (un prêteur usuraire de l’est de Montréal que l’on considérait, à l’époque, comme le bras droit du chef des Hells, Maurice « Mom » Boucher), Guy Lepage (un ex-policier qui était devenu une des têtes dirigeantes des Rockers, club-école des Hells, en plus de servir de chauffeur personnel à « Mom » Boucher) et Ronald Leduc, un homme de main de Savard.
« Il a raconté une histoire qui semblait abracadabrante et dénuée de fondement. On a déjà vu des délateurs menteurs, et lui, il se situait dans le peloton de tête », se souvient Me Danielle Roy, qui défendait Savard à ce moment.
Accusations abandonnées
L’enquête préliminaire n’était pas encore complétée que la poursuite demandait l’arrêt des procédures contre le trio, le 28 novembre 1999. La défense avait préalablement réclamé que la poursuite lui divulgue la totalité des 62 déclarations que Gagnon a livrées aux policiers, au sujet de plusieurs autres combines dans lesquelles d’autres motards trempaient.
La Couronne a préféré laisser tomber les accusations dans le dossier contre Savard, Lepage et Leduc, plutôt que de divulguer tout ce que Gagnon avait révélé, puisque cela aurait mis en péril des enquêtes qui étaient alors en cours. Notamment l’opération Printemps 2001, qui a permis l’incarcération de « Mom » Boucher et ses acolytes du chapitre Nomade, le club élite des Hells.
Le 7 juillet 2000, « Bob » Savard était abattu dans un restaurant de Montréal-Nord, par le tueur à gages de Donnacona Gérald Gallant, qui, l’an dernier, a avoué sa culpabilité à 27 meurtres qu’il a perpétrés pour le compte de clans ennemis des Hells.