SEPT-ÎLES - Plusieurs travailleurs de la construction confirment le contrôle qu'exercent des représentants de la FTQ sur les grands chantiers de la Côte-Nord, comme ceux du lac Bloom près de Fermont et de La Romaine près de Havre-Saint-Pierre.
«Le représentant Bernard Gauthier prend le contrôle des chantiers et fait travailler sa gang. Il fonctionne avec des «tabernacles» et des «ferme ta gueule». Je l’ai entendu dire à des travailleurs et des entrepreneurs de se taire», affirme un opérateur de machinerie lourde de Havre-Saint-Pierre, Richard Petitpas.
FTQ-Construction
Des plaintes officielles pour des actes d’intimidation qui seraient survenus sur le chantier du lac Bloom ont été déposées contre trois personnes, dont le représentant syndical Bernard Gauthier. Ce dernier soutient qu’il est victime d’une campagne de salissage. Il réagira vendredi aux déclarations le concernant.
Sous le couvert de l’anonymat, d’autres travailleurs de la construction soutiennent que le représentant des manœuvres de la FTQ, Michel Bezeau, se fait verser 100 $ par semaine pour assurer du travail à certains. Il semble que peu de résidents du Havre trouvent du travail actuellement sur le chantier La Romaine. Une manifestation s’organise samedi matin pour réclamer une priorité à l’embauche locale.
«Nous voulons travailler. Nous possédons les cartes de compétence. Il y a un gros chantier dans notre cours. On n’y retrouve surtout des gens du Lac-Saint-Jean parce qu’on n’est pas dans la gang des représentants de la FTQ. C’est clair qu’il y a de l’intimidation et des crocheries», dénonce Richard Petitpas.
La Sûreté du Québec de Havre-Saint-Pierre a amorcé une enquête concernant le chantier La Romaine.
Réaction de la CSN
L'intimidation sur le chantier de la Romaine était anticipée par la CSN-Construction depuis longtemps. «On anticipait ce genre de problèmes, explique le vice-président du comité exécutif de la CSN-Construction, Pierre Brassard. On savait qu'il y avait de l'intimidation au Lac Bloom à ce moment. C'est un problème récurrent qui dure depuis des années.»
Selon M. Brassard, la solution est que la Commission de la construction du Québec effectue la sélection des travailleurs au lieu de confier ce mandat aux syndicats. «Ils ont tous les outils nécessaires pour le faire, ils sont au courant de tout. Ils seraient mieux placés que les syndicats.»
«Hydro-Québec a une part de responsabilité. C'est le donneur d'ouvrage qui doit assurer la surveillance du chantier. Faudrait qu'ils mettent leurs culottes», affirme le vice-président.
Hydro-Québec refuse de se prononcer sur ce dossier. Les porte-parole soutiennent que le chantier est surveillé 24 heures sur 24 et que pour la politique, en matière d'intimidation c’est «tolérance zéro». Tout est en place pour faire de la prévention, et quand des gestes répréhensibles sont portés à leur attention, ils interviennent.