Pendant que des résidents récupéraient quelques effets personnels au lendemain d'un violent incendie qui a ravagé cinq immeubles du quartier Hochelaga-Maisonneuve, certains pestaient contre des voisins indésirables difficiles à déloger.
L'un des immeubles derrière lequel a démarré le brasier, vers 1 h dans la nuit de mardi, abritait des voisins ayant des activités louches, aux dires de résidents rencontrés hier. Certains parlaient de piquerie.
«J'ai téléphoné tellement souvent à la police pour me plaindre», a dit Rolland Daigle.
«C'était toujours le party à côté», a ajouté Yves Lefebvre, un autre voisin.
Plusieurs voisins ont dénoncé la présence ininterrompue de ces voisins, malgré leurs interventions répétées auprès des autorités.
Le sinistre a pris naissance dans un hangar ou un escalier situé à l'arrière, où il est possible d'accéder par une ruelle. Le feu a éclaté sur la rue Aylwin, entre les rues Ontario et La Fontaine.
Réveillés par un système d'alarme, les pompiers ou la fumée, une trentaine de locataires, dans 15 logements, ont tous pu sortir à temps.
Enfant handicapé
Paula Blandon a eu toute une frousse : son système d'alarme n'a pas fonctionné. C'est la fumée noire qui avait envahi son appartement qui l'a réveillée.
"J'ai un enfant de deux ans handicapé, dit-elle. Ça n'a pas été facile de le sortir de là. Mes deux autres
enfants ont été sortis dehors sans leurs vêtements, juste avec une couverture autour d'eux.
Pendant que les experts d'assurances évaluaient les dégâts et que l'on placardait portes et fenêtres, Mme Blandon tentait de récupérer le peu d'ef fets personnels qui lui restaient. Elle est encore chanceuse : c'est dans son logement qu'il y a eu le moins de dommages.
Précieuse photo récupérée
Sa voisine, Germania Tavares et sa famille ont été moins chanceux. Peu d'effets personnels étaient récupérables.
Lorsque rencontrée, hier, Mme Tavares essuyait une lar me en nettoyant la précieuse photographie de sa famille, prise en République dominicaine, qu'elle venait de sortir des décombres.
Pas moins de 125 pompiers ont répondu à une alerte générale. Cinq triplex ont été touchés par le sinistre.
Comme l'origine de l'incendie est suspecte, on a confié l'enquête à la police de Montréal.
(Avec la collaboration de l'Agence QMI)