Début mardi de l’enquête publique, au palais de justice de Laval, sur la mort subite d’un garçon de 12 ans. Yanick Charpentier est mort après avoir reçu un coup de poing lors d’une altercation dans la cour de l’école Horizon-Soleil de Saint-Eustache le 12 novembre 2007.
Les témoins se sont succédé lors de la première journée d’audience de l’enquête publique pilotée par la coroner Andrée Kronstrom. La mère de l’enfant ainsi que les membres du personnel de l’école ont été appelés à témoigner.
«Nous ne sommes pas ici pour trouver des coupables, mais pour faire la lumière sur les circonstances de l’évènement. Nous tenterons aussi de savoir si Yanick serait décédé n’eut été de l’altercation», a indiqué, d’entré de jeu, Mme Kronström.
Maladie cardiaque
Yanick Charpentier souffrait de cardiomyopathie hypertrophique. Lors de son témoignage, qu’elle a conclu la gorge nouée par l’émotion, la mère du garçon a expliqué que cette maladie cardiaque n’empêchait pas son fils d’être actif, mais que son cardiologue lui avait donné comme consigne «de ne pas dépasser ses capacités».
Mme Levasseur a aussi précisé que son garçon ne s’était plaint d’aucun malaise le matin du triste évènement.
L’enseignant du garçon, Julie Labbée, est venu confirmer aux autorités que l’école connaissait les limitations physiques de l’enfant et qu’en aucun temps depuis le début de l’année scolaire, elle n’avait été témoin d’un malaise.
«La maladie dont souffrait le garçon empêche le muscle cardiaque de se développer normalement. La plupart des gens en décèdent à la suite d’une arythmie maligne qui, dans plus de la moitié des cas, est provoquée par un effort physique ou une émotion forte. Il est peu probable qu’un coup de poing soit la cause du décès, mais nous ne pouvons pas éliminer cette hypothèse», a commenté le cardiologue de l’hôpital Sainte-Justine, Joachim Mirò, qui témoignera le 11 mars prochain.
Douloureux souvenirs
Par voie de communiqué, la CSSMI a fait savoir que cette enquête pouvait fait revivre des moments douloureux et qu’elle offre le soutient nécessaire aux différents intervenants pour que l’enquête «se vive le mieux possible». Elle laisse aussi entendre que cette enquête amènera des recommandations de la part du coroner et qu’elle les analysera avec diligence comme les autres commissions scolaires du Québec.
Selon les données soumises à titre de référence par le coroner, il y aurait eu, entre 2000 et 2009, 17 décès, liés à des problématiques cardiaques, qui seraient survenus à la suite d’une altercation physique ou verbale. De ce nombre, trois décès, dont celui de Yanick Charpentier, se sont produits en milieu scolaire.
L’enquête publique reprendra ses audiences le 11 mars pour se conclure le lendemain.