«Je ne suis pas capable de comprendre qu'il n'y ait pas une loi, pas de délai, pour empêcher un assuré de tout perdre en attendant que l'assureur ou le courtier reconnaisse sa responsabilité.»
Josée Larose attend depuis maintenant trois ans et demi l'issue improbable d'un litige qui a chambardé sa vie et celle de ses enfants.
Et elle se dit victime d'un système de contestation qui, au départ, tient pour acquis la faute de l'assuré, qui perdra tous ses avoirs durant les procédures, même s'il a gain de cause à la fin.
«Ce n'était pourtant pas un incendie criminel, fait-elle valoir. C'est un accident, un bris de construction dans la structure du foyer qui a mis le feu à ma maison.»
Mais elle s'est retrouvée à la rue du jour au lendemain, sans recours immédiat.
Dormir dans les ruines
«Au début, j'ai même dû dormir dans le sous-sol de la maison détruite, dans l'odeur de fumée», poursuit la mère de famille.
«Mes deux garçons, alors âgés de 15 et 17 ans, ont été séparés de moi et l'un de l'autre durant deux ans; j'ai dû les placer chez mes deux soeurs. Puis, ils ont dû quitter l'école et travailler pour m'aider à payer un nouveau logement.»
Entre-temps, Josée Larose a dû se résoudre à payer les taxes de la maison détruite, pour ne pas être saisie, et continuer à la chauffer pour éviter que les tuyaux ne gèlent l'hiver. Jusqu'à sa dernière ressource.
«Pendant deux ans, j'ai continué à payer une maison inhabitable. Quand je n'ai plus été capable, les créanciers ont vendu [les ruines] et je leur dois encore de l'argent, dit-elle; mon assureur, lui, refuse de payer.»
Forte des décisions rendues contre les soeurs Sheehan et des informations dévoilées quant à l'implication réelle de l'assureur récalcitrant, Mme Larose en-tend les poursuivre en justice.