QUÉBEC - Tous les employés du quotidien Le Soleil du boulevard Charest sont sortis à l’extérieur du bureau lundi après-midi à 15 h pour une pause de 15 minutes afin de lancer un message de solidarité à l’employeur qui, selon le syndicat, «ne croit pas à l’unité du groupe».
Une action concertée avait lieu au même moment dans les cinq autres journaux régionaux du groupe Gesca (Le Quotidien, La Tribune, Le Nouvelliste, La Voix de l’Est et Le Droit). En incluant Le Soleil, ils sont six et se surnomment eux-mêmes le G6. «Tout le monde est sorti, il faisait beau. On a lancé un message à l’employeur qu’on appuie aussi nos collègues du G6», a expliqué le président du syndicat, Baptiste Ricard-Châtelain.
À Québec, il s’agissait d’un tout premier moyen de pression exercé par les employés du journal, depuis que leur contrat de travail a pris fin le 31 décembre dernier.
Techniquement, ils en étaient à leur première journée pour entamer légalement des moyens de pression, trois mois après le dépôt de l’avis de négociation. L’employeur s’est dit déçu de cette sortie et craint l’escalade des moyens de pression.
«Ça serait triste… Nos négos sont très jeunes. À bien des endroits, les propositions n’ont même pas encore été déposées de la part du syndicat. Il est un peu tôt pour commencer des moyens de pression et tout va se régler autour d’une table de négociation. Les gens ont le droit de manifester un certain désaccord, c’est sûr, mais il reste qu’on a des défis auxquels ont doit faire face et ce n’est pas en fermant les yeux qu’on va les éviter», a réagi le président et éditeur du Soleil, Claude Gagnon.
La «pause» de 15 minutes était plutôt symbolique. Et même si le syndicat promet d’autres moyens de pression dans le futur, élaborés par les comités de mobilisation locaux et celui du G6, l’heure n’est pas à l’artillerie lourde. «Jeudi, on propose un projet de négo étoffé à l’employeur qui nous semble beaucoup plus raisonnable donc il serait prématuré d’enclencher des moyens de pression importants», a précisé M. Ricard-Châtelain. Rappelons que le syndicat n’a pas le mandat de ses membres pour déclencher une grève.
La crise est-elle finie?
Le président du syndicat affirme que les «profits sont repartis à la hausse de façon vertigineuse» au Soleil et que la crise des médias ne peut plus être invoquée pour «couper nos salaires alors que ça va bien». L’employeur, quant à lui, considère que ses demandes initiales (gel des salaires, fin de la semaine de quatre jours, coupure de 50% du financement de l'employeur pour des activités syndicales) sont encore pleinement «justifiées» puisque «la crise médiatique est loin d’être finie et qu’on est en plein dedans».
Déjà 35 postes ont été supprimés depuis deux ans, la plupart par attrition, et le syndicat estime que l’employeur va sauver ainsi environ 4 M$ par année de façon récurrente. «On est là pour négocier et on est de bonne foi, mais on est face à un employeur qui met le poing sur la table en commençant et qui nous agite des épouvantails, ça n’a pas de bon sens… Nous, on pédale pour maintenir le journal à flot et livrer un produit de qualité, mais il y a une limite à demander des compressions aux employés», a martelé M. Ricard-Châtelain.
Journal de Québec