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Justice

Le cardiologue craque

Marc Pigeon
Le Journal de Montréal
25/02/2010 04h07 

Justice - Le cardiologue craque
Guy Turcotte, 37 ans, accusé de meurtre de ses deux enfants. 
© DESSIN MIKE MCLAUGHLIN

Au moment où un spécialiste en projections de sang racontait les derniers moments atroces des petits Olivier et Anne-Sophie, le cardiologue Guy Turcotte a craqué. Mais les larmes de l’accusé n’ont pas réussi à le rendre plus sympathique aux yeux de toute l’audience.

La scène haute en émotions se déroulait hier après-midi au troisième jour de l’enquête préliminaire de l’homme de 37 ans, accusé des meurtres de ses enfants de trois et cinq ans, devant le juge François Beaudoin.

Le biologiste François Julien a passé plusieurs heures à mener des expertises sur les taches et projections de sang dans la maison du chemin Beaulne où les victimes ont été tuées, le 20 février 2009. Il en rendait compte, hier.

L’interprétation d’un tel expert amène l’audience à visualiser, comme dans un film d’horreur plus vrai que nature, comment les crimes ont été commis, avec passablement de détails.

Tout au long de son témoignage, l’expert se référait à des albums de photos déposés en preuve, montrant comment les petits corps ont été découverts.

Larmes et tremblements

Au moment où le spécialiste décrivait son interprétation des derniers instants d’un de ses enfants, l’accusé, qui avait passé la journée la tête baissée, les yeux soit rivés au sol ou carrément fermés, a craqué.

Il s’est mis à grimacer, à trembler, s’essuyant les yeux à de multiples reprises. La scène a duré pendant plusieurs minutes et s’est intensifiée. Son avocat, Me Pierre Poupart, a réclamé une suspension de l’audience, ce que le juge a immédiatement accordé.

L’avocat est ensuite allé rencontrer son client dans le parloir du quartier de détention.

L’audience a repris 25 minutes plus tard, et Guy Turcotte n’a pas cessé de se moucher et de s’essuyer les yeux.

Le public peu ému

Les larmes de Guy Turcotte n’ont pas ému outre mesure l’audience, dont plusieurs étaient dégoûtés par ce qu’ils venaient d’entendre, par les gestes ignobles que le cardiologue Turcotte est accusé d’avoir posés.

«Qu’il ne vienne pas essayer de nous attendrir avec ses larmes», disait une dame dans le couloir.

«Je ne suis pas certaine qu’il est si dévasté que ça», suspectait une autre.

L’enquête étant frappée d’une ordonnance de non-publication destinée à éviter de contaminer un éventuel jury, il est interdit aux médias de rendre compte de la preuve présentée.

Le témoignage du biologiste réputé, dans une cause qui a tant touché le Québec, a fait courir les foules. La salle d’audience affichait complet, hier. Plusieurs spectateurs étaient présents pour entendre la preuve qui ne peut être diffusée.

Parmi l’auditoire, on comptait plusieurs avocats, tant de la défense que de la poursuite, venus assister au témoignage fort attendu et plutôt formateur pour eux. Quelques employés de bureau du palais de justice y ont aussi passé quelques heures ou leur pause.

  • L’enquête préliminaire se poursuit demain, avec le témoignage de la mère des deux victimes et ex-conjointe de l’accusé, Isabelle Gaston.


Discussions avec l’accusé

Préposé aux bénéficiaires à l’Hôtel- Dieu de Saint-Jérôme, un témoin a décrit hier les discussions qu’il avait eues avec le cardiologue Guy Turcotte et l’état d’esprit dans lequel se trouvait l’accusé lors de son admission à l’hôpital.

Stéphane Gagnon, 35 ans, a raconté l’arrivée de son collègue de travail à la salle d’urgence de l’hôpital et comment le personnel a découvert avec stupéfaction de qui il s’agissait.

Une ordonnance de non-publication interdit toutefois aux médias d’en divulguer davantage sur son témoignage.

Le préposé a aussi fait état des commentaires que l’accusé a faits au sujet des ses enfants, lors de son séjour à l’hôpital.

Le témoin a répété au tribunal toutes les paroles qu’il se souvient avoir entendu l'accusé prononcer, dont certaines pour le moins surprenantes au sujet de ses enfants.

Le sergent-détective Sylvain Harvey, du Service d’enquête sur les crimes contre la personne de la Sûreté du Québec, responsable de la scène de crime, a décrit celle-ci et expliqué tous les objets qui avaient été saisis.

Il y est demeuré une quinzaine d’heures.

Hier, il a expliqué avec détails la disposition de la maison et tout ce qu’il y avait trouvé.

En outre, le policier a pu éclairer un peu le tribunal sur ce que l’accusé avait fait, dans les heures précédant le crime.



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