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Hiver 2009-2010

Les camionneurs rongent leur frein

Agence QMI  Jean-Luc Lavallée
09/02/2010 01h53 

Hiver 2009-2010 - Les camionneurs rongent leur frein
Les camionneurs se tournent les pouces et commencent à trouver l’hiver long. 
© Jean-François Desgagnés

La neige se fait rare depuis le début de l’hiver, au grand bonheur des déneigeurs privés qui ont des contrats fermés, mais au grand dam des camionneurs qui implorent Dame Nature de leur donner un peu de boulot.

Certes, le ciel pourrait encore nous tomber sur la tête en février et en mars. Environnement Canada est toutefois incapable de le prédire. Si la tendance se maintient, comme dirait l’autre, l’hiver 2009-2010 pourrait devenir l’un des moins neigeux de l’histoire dans les livres de statistiques. Seulement 117 petits centimètres de neige sont tombés en décembre (74 cm), janvier (42 cm) et dans la première semaine de février à Québec (1 cm). La prochaine semaine s’annonce encore tranquille à ce chapitre.

«Nos gens sont vraiment inquiets. Ils sont payés au voyage, au service qu’ils donnent; donc, c’est sûr qu’eux autres, en ce moment, ils ne font rien et ils attendent que ça tombe à un moment donné. Ils n’ont pas droit au chômage parce que ce sont des travailleurs autonomes. Au moins, ils ont fait une bonne année 2009, mais ils sont en train de manger leurs profits. Les gens espèrent toujours la neige», a déclaré au Journal Gaétan Légaré, de l’Association nationale des camionneurs artisans (ANCAI).

Pas de panique

Le directeur régional des Transporteurs en vrac de la région 03, quant à lui, n’a pas encore pesé sur le bouton panique. «Il n’y a personne qui se réjouit qu’il y ait si peu de neige, mais ça ne crie pas trop», estime Stéphano Bolduc, qui compare même le congé forcé des camionneurs à un repos bien mérité, au terme d’une année faste en contrats, conséquence des grands chantiers lancés par Québec et Ottawa.

«Ils n’avaient pas vraiment arrêté depuis le mois d’avril, alors je n’ai pas eu beaucoup d’appels de gens pour se plaindre. On a eu un bon été et l’été prochain s’annonce bien aussi. On ne contrôle pas Dame Nature. À partir de ce moment-là, c’est difficile de chialer après quelqu’un. Et on ne peut pas condamner la ville de Québec où sa politique de déneigement. On s’en remet à Dame Nature», a philosophé Stéphano Bolduc.

Économies pour la Ville

À l’inverse, les municipalités concernées et le MTQ réalisent en ce moment des économies substantielles en carburant, en main-d’œuvre et en abrasifs.

«C’est certain qu’on sauve de l’argent présentement», a affirmé le porte-parole de la ville de Québec, François Moisan, sans toutefois pouvoir avancer des chiffres. «Les coûts sont calculés sur la base de 2010…si on a un mois de novembre et décembre avec beaucoup de neige, ça va changer la donne. On verra à la fin de l’année 2010.»

Même les données de 2009 ne sont pas encore connues puisque le rapport financier sera déposé en mars. La Ville consacre environ 60 millions par année au déneigement.



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