Une femme dans la trentaine a été libérée par la police, hier, après avoir poignardé son ex-conjoint qui avait été accusé, le mois dernier, de violence conjugale à son endroit.
Une femme dans la trentaine a été libérée par la police, hier, après avoir poignardé son ex-conjoint qui avait été accusé, le mois dernier, de violence conjugale à son endroit.
Les yeux plein d'eau, vêtue d'un simple pyjama, la dame était de retour dans son modeste logement de la rue Bourget, dans le quartier Saint-Henri, où s'est joué le drame.
Vers 21 h vendredi soir, la mère de famille monoparentale a poignardé son ex-conjoint, en présence de ses deux enfants, lorsqu'il s'est introduit par effraction dans son appartement.
En vertu d'une ordonnance du tribunal, il n'avait pas le droit de se présenter au domicile de la dame ni d'entrer en contact avec elle.
Pas encore d'accusations
L'homme, également âgé d'une trentaine d'années, a été blessé sérieusement au thorax, mais on ne craint pas pour sa vie.
«L'ambulance s'est avancée et ils l'ont placé sur une civière. La dame s'est fait embarquer par la police. Ils l'ont menottée et tout», raconte Mathieu Martin, 18 ans, un résidant du secteur.
Le jeune homme a remarqué que quelque chose n'allait pas lorsqu'une dizaine de voitures de police sont arrivées en trombe devant chez lui, alors qu'il écoutait un film.
«C'était surprenant. C'est assez tranquille, ici, d'habitude», dit-il.
Visiblement ébranlée par les événements, la femme a refusé, d'une voix faible, de répondre aux questions du Journal.
La police de Montréal n'était toujours pas en mesure, hier après-midi, d'indiquer si des accusations allaient être portées contre elle.
«Son dossier a été transféré au substitut du procureur général, qui va décider de la suite des choses», a indiqué l'agent Daniel Lacoursière.
Défense ou vengeance?
Le psychologue Pierre Faubert estime qu'une «femme qui est dans une situation comme celle-là» peut avoir agi par esprit de vengeance ou encore pour se défendre.
«Si la femme a toujours été victime et qu'elle a une chance de se venger à un moment donné, probablement qu'elle va le faire», analyse-t-il.
«Le fait d'être toujours en présence d'une personne brutale ne donne pas à la personne abusée la chance de prendre un recul, explique le psychologue. Si la femme était dans une situation où elle n'était plus abusée, elle avait un recul et probablement qu'elle a pris le premier moyen qu'elle avait sous la main pour se défendre.»
Réaction instinctive
Pierre Faubert souligne toutefois que plusieurs circonstances de ce drame, qui pourraient mener à une explication différente, demeurent encore nébuleuses.
«Les réactions des personnes qui sont impliquées dans des situations comme celle-là ne sont pas toujours réfléchies, dit-il. Elles vont réagir instinctivement et impulsivement pour se sauver la vie ou celle de leurs enfants.»