Des coyotes sèment l'inquiétude à l'Île-Bizard

Faune - Montréal - Des coyotes sèment l'inquiétude à l'Île-Bizard

Le coyote court est un animal rapide qui court à 43 km/h. Il adore se nourrir de chevreuils. Le plus gros piégé à l’Île-Bizard pesait 65 livres. © PHOTO D'ARCHIVES

Dany Doucet
Le Journal de Montréal

La présence de plus en plus visible de coyotes sur l'Île-Bizard commence à énerver du monde qui en rencontre de plus en plus souvent dans cet arrondissement de Montréal, où des chats et des chiens ont d'ailleurs commencé à disparaître.

«Un jour ou l'autre, il va arriver quelque chose de plus grave», a commenté hier Ginger Petty, propriétaire d'une terre de 93 âcres sur l'île, voisine du Parcnature du Bois-de-l'île-Bizard.

Il n'y a pas si longtemps, on aurait pu répondre à la dame de 66 ans de ne pas s'inquiéter pour rien, que le coyote n'est pas un danger pour l'homme.

Sauf qu'en octobre dernier, une auteure- compositrice de Toronto bien connue au Canada anglais, Taylor Mitchell, 19 ans, a été attaquée par deux coyotes dans un parc national de la Nouvelle-Écosse. Ses cris ont alerté des randonneurs qui la suivaient et qui ont réussi à faire fuir les bêtes, mais trop tard. Les coyotes avaient déjà causé l'irréparable et la chanteuse folk est morte plus tard à l'hôpital, où elle avait été héliportée.

L'affaire a fait la une de plusieurs journaux, notamment parce que les cas d'agression de coyotes sur des humains sont très rares. En Nouvelle-Écosse, c'était d'ailleurs la première fois en au moins 40 ans.

15 coyotes trappés

La chasse est interdite à Montréal, mais pas le piégeage.

Un trappeur professionnel, Michel Desrosiers, a d'ailleurs été embauché par Mme Petty et d'autres propriétaires pour nettoyer le secteur.

Si l'an dernier celui-ci avait réussi à en attraper que deux dans ses collets, il en a piégé 15 jusqu'ici cette année.

«Il y a beaucoup de coyotes sur l'île, dit-il. Je l'ai dit à qui de droit qu'un jour, avec le nombre d'enfants qui se promènent ici dans les rues et les parcs, il va finir par arriver quelque chose de triste.»

Castors et chevreuils

"Le problème, dit Mme Petty, c'est que nous sommes une île. Les coyotes arrivent ici sur la glace parce qu'ils sentent l'odeur des castors et des chevreuils, mais ils ne peuvent plus quitter au printemps quand les glaces fondent. La population est captive et continue de croître.

«Moi j'ai peur, ajoute-t-elle. L'autre jour, je suis arrivée face à face avec deux coyotes en promenant mon chien. Je me promène avec un criard de bateau sur moi, c'est devenu ridicule.»


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