La Missisquoi avait confié le cas de M. Boudreau à «une sommité» de la mécanique, dit-on. L'expert s'est rendu sur les lieux, a fait une inspection et analysé le tout, puis a conclu à la non-responsabilité du garage. C'est ce que nous a expliqué, hier, le vice-président au marketing de l'assureur, Pierre Fontaine.
Mais jamais les mécaniciens n'ont été inter rogés par l'expert. Pas même quand le propriétaire du camion endommagé -lui-même un client de La Missisquoi -a recouru à un avocat pour obtenir gain de cause.
Pourquoi ? «Je ne peux pas vous répondre », dit M. Fontaine.
C'est ainsi, néanmoins, qu'il y a deux ans, la compagnie a pris fait et cause en faveur du garagiste, sans tenir compte des explications de M. Boudreau ni des témoignages éventuels des trois mécaniciens sous serment.
Coup de théâtre : c'est réglé !
Mais aussitôt que Le Journal eut questionné la compagnie d'assurance sur ce dossier, coup de théâtre, hier: «Notre expert a changé son fusil d'épaule », nous dit M. Fontaine. Et il annonce, contre toute attente, qu'une proposition de règlement sera faite à M. Boudreau par ses avocats -soudainement, deux ans plus tard.
Le vice-président de la Missisquoi s'est même engagé, hier, à tenir compte des frais d'avocats, d'entreposage et de location de véhicule assumés par M. Boudreau durant les deux années passées.
Paul Boudreau n'en croyait pas ses oreilles quand Le Journal lui a appris la nouvelle. «J'attends et je suis stressé depuis si longtemps», a-t-il dit.
Mais pourquoi l'expert change-t-il d'avis deux ans plus tard, juste après l'appel du Journal ? Ça, on ne le saura jamais. La Missisquoi gardera le secret.