«Il est parti si vite et si jeune, a commenté son amie Nesrine Labdoune, hier. Daniel avait un magnifique sourire, ainsi il faisait sourire toute l'école.
Après quelques heures de plongée, hier, les policiers ont découvert la motoneige des victimes, vers 13 h, par une quinzaine de pieds de profondeur, dans le lac des Deux-Montagnes.
Puis, une heure plus tard, les plongeurs ont retrouvé le corps de l'adolescent de 13 ans, Daniel Jukovitsky, à une cinquantaine de pieds de la motoneige.
Les plongées doivent reprendre ce matin dans le but de retrouver le corps de son père, un camionneur âgé de 37 ans, lui aussi porté disparu.
Quatre personnes avaient quitté l'Île-Bizard, dimanche, pour une partie de pêche blanche, au bout de la 44e avenue, à Sainte-Marthe-sur-le-Lac. À l'heure du souper, le père de famille a entrepris d'aller reconduire Daniel à la maison et de revenir chercher les autres.
Sentier non balisé
Il aurait emprunté un sentier non balisé et, la noirceur arrivée, aurait foncé droit vers une section non gelée du lac. La motoneige et ses occupants ont sombré.
Les autres pêcheurs, tous membres de la famille, selon la police, ont alors alerté les secours. L'hélicoptère de la SQ a survolé le secteur et a localisé les traces de la motoneige, qui s'arrêtaient là où l'eau commençait. On a lancé des fusées éclairantes. C'est là que les plongeurs se sont dirigés, hier.
Sous le choc, la famille Jukovitsky a préféré ne pas commenter la tragédie, hier. Les parents sont d'origine russe, mais Daniel serait né en Algérie. Ils habitent l'Île-Bizard, en bordure du lac des Deux-Montagnes.
Daniel Jukovitsky fréquentait l'école Mont-Royal, où il était inscrit au programme international, en secondaire 2. Hier, selon plusieurs camarades de classe, les enseignants et la direction n'ont pas commenté la situation devant les élèves. La commission scolaire a refusé de commenter ou d'expliquer la façon dont on intervenait auprès des élèves.
«J'y croyais pas»
C'est après la classe que ceux-ci ont appris l'affreuse nouvelle de la mort de Daniel, un élève apprécié dont les farces avaient de quoi faire sourire élèves et enseignants.
«J'y croyais pas, je ne pouvais pas l'imaginer», dit son ami Cristian David.
«Il était là pour tout le monde quand ça n'allait pas bien, dit de lui son ami Anwar Kadary. Il était toujours le premier à demander «Comment ça va ?» à des gens qui ont l'air triste ou fâché.»
Trompettiste de talent, amateur de soccer et de planche à neige, Daniel aimait aussi les sports nautiques et la motoneige.
Son ami Camilo Lalinde Lopera a lancé un mouvement qui devrait se faire sentir dans l'école Mont-Royal dès aujourd'hui : ses proches devraient porter un chandail noir en hommage à Daniel, et arborer un Band-Aid avec les initiales DJ. On compte aussi écrire une immense carte, qui sera remise à la famille par le biais de sa soeur, qui fréquente elle aussi la même école.